Les 24H 2007, 2008 et 2009


Les 24 Heures de France en chiffres. Plus de 100 véhicules de course totalisant 18.500 cv, 400 pilotes et 8 pays représentés, 1.200 mécaniciens, 1.440 minutes de course et 1.600 km parcourus, 800 m de stands, un tracé de 10 km sur 20 m de large.

2009, l'Orange Mécanique

La course des 24 heures TT de Paris est l'événement 4x4 de la rentrée. La fête est toujours aussi belle malgré un plateau restreint (plus de 90 véhicules tout de même). En 2009, le niveau a encore augmenté puisque les meilleurs ont bouclé 150 tours en 23 heures (en raison du second départ de nuit).

Les 4x4 T2 (proches de la série) ne peuvent plus prétendre remporter l'épreuve tant le niveau des T1 est impressionnant. Pour autant, les 4x4 se défendent toujours et assurent leur partie du spectacle. Victoire dans la catégorie d'un Pajero Mistubishi (team Hardy) avec 135 tours. Le podium est complété par un ML Mercedes (team Auto Distribution) à l'envoûtante sonorité du V8, puis par un Land Cruiser Toyota KDJ95 (team Correze Avanture). Ce toy est un habitué des lieux, il est toujours aussi efficace. Sa force tranquille fait la différence assurément.  La quatrième place est assurée par un KDJ120 orangé préparé par GENERATION 4x4. Une prépa au top. Avec Philippe SIMONIN au volant, l'équipe était assurée d'aller au bout. Maestro !

La cinquième place revient à un sérieux Patrol indestructible et parfaitement au point, puis un HDJ80 venu de Sibérie, un autre KDJ120 et un vieux BJ série 7. Ce dernier a parcouru la bagatelle de 113 tours (soit plus de 1.100 km d'enfer quasi non stop). C'est dans les vieux Toy... que l'on s'amuse le plus.

2008, un Toy foufou

Equipage n°12 : Philippe FOURNIER, Jean-Jacques DEVERLY et Ruy SANTOS de FOURNIER TEAM TOY. 3ème place au général pour ce TOYOTA T2 D avec 110 tours bouclés.

Des sourires généreux, des tapes dans le dos, des plaisanteries qui fusent : traditionnellement, la séance des vérifications administratives et techniques sonne l'heure de conviviales retrouvailles pour les équipages des 24 Heures Tout - Terrain de France qui ponctuent en apothéose le Championnat de France d'endurance.

Jean-Jacques Deverly (Toyota Land Cruiser T2 / Fournier Team Toy). « Nous nous sommes tirés la bourre toute la saison avec un autre Toyota, celui de Nicolas Falloux. Nous allons nous départager ici pour la première place « officieuse » du championnat en catégorie Production. Ce ne sera pas facile, car il y a des clients sérieux, comme le Mercedes d'Yves Morize ou le Toyota d'Antoine Passemard. »

Plus que jamais, le spectacle est alors sur la piste bien sûr, mais aussi, mais surtout, dans les 800 mètres de stands où les forçats-mécanos et les pilotes mettent en commun leurs mains dans le cambouis pour repartir, pour continuer… Pour être toujours en course au lever du jour et toujours là encore, à 16 heures, au baisser du drapeau. « Terminer les 24 Heures, c'est toujours une victoire en soi » vous diront dès l'arrivée franchie, tous ceux qui auront eu le bonheur de la franchir.

En 2007, nos jouets se sont régalés... 

... et dans les deux sens svp.

Cette année, le rythme de la course s'est encore accéléré. Les vainqueurs ont bouclé 155 tours contre 147 l'année dernière (et toujours 10 km par tour).
On note aussi une tendance plus que marquée pour les buggys, nos bons vieux 4x4 semblent appartenir à la catégorie "historique". Mais ils résistent et leur robustesse permet de se faire encore plaisir.

Petit clin d'oeil, en catégorie T2 (plus proche des véhicules d'origine) les trois premières places sont occupées par des ... Land Cruiser !

Ambiance et préparatifs


Pas rancunier, Yves Tartarin nous propose de courir en septembre 2007 au volant de son "PIRATE". En l'occurrence un TOY KDJ 90 dont le moteur ne demande qu'à être violenté.

Mais pour courir, il faut une "Licence Nationale Concurrent Conducteur Auto" de l'année. Pour obtenir une telle licence, il faut un certificat signé par un médecin du sport. Et lorsque ce dernier, en 2006, voit arriver un vieillard d'un quintal, il ne cache pas son scepticisme lorsque je lui précise les raisons de ma visite...

Fin juin 2007, j'ouvre le site de Papa DRONNE www.24heures4x4.fr, et je note, sans surprise, que la course aura lieu 3 mois plus tard. J'ai donc tout mon temps...

Le jeudi 13 septembre, je vais voir mon chiropracteur préféré afin de me stabiliser la carcasse sur le bon axe. Puis je sors mon Toy HZJ 75 que j'équipe d'un lit avec oreiller et d'un frigo convenablement garni.

Le vendredi 14 septembre, avec 3 ou 4 heures d'avance, je pénètre dans l'enceinte de Chevannes et  je me gare un peu à l'écart du stand TTS, afin de ne pas gêner l'équipe, et aussi pour conserver mon autonomie et m'écarter des bruits de moteurs de toutes sortes.
L'espace TTS est sublime avec ses 3 emplacements pour 2 véhicules, le TATRA qui m'a toujours impressionné, les Toy 90 numéro 50 et Mégane numéro 100, toutes deux d'un jaune flashant, les guitounes déjà aux mains du traiteur et, oh miracle, un WC grand confort, qui m'évitera de squatter celui des autres ou de polluer le décor.

L'accueil d'Yves et Valérie est, comme d'habitude, emprunt d'amitié, de sollicitude et de bienveillance.

Bien entendu, les conditions climatiques ont été exécrables en juillet et août et malheureusement elles sont bonnes début septembre. La conduite sur la boue est plus amusante que sur la terre battue et les buggys sont les rois sur le sol dur. Notre Toy T2, lourd, court et haut, au pont avant flexible, ne sera pas à la fête sur piste sèche donc dure et cabossée, et par conséquent cassante.

Au retour, les stands sont de plus en plus occupés, les véhicules commencent à donner de la voix, une foultitude s'active dans la bonne humeur, les informations commencent à circuler, l'ambiance monte et s'amplifie. Les pilotes Eric, Jérôme et Bertrand sont arrivés, l'organisation du team s'active, tout prend sa place.

Drivés par Valérie, nous nous rendons au secrétariat des courses pour les inscriptions, nous discutons et blaguons avec tout le monde et je ressors de l'Algeco avec un bracelet vert au poignet sans avoir montré toute la paperasserie que j'avais consciencieusement préparée. C'est tellement rapide que j'en profite pour discuter avec tout le monde et spécialement avec une équipe particulièrement sympathique originaire de Cassis, qui va courir au volant d'une 2 cv, qui n'a plus grand-chose de Citroën, à double moteur de 650 cm3 environ, extraordinairement bien préparée. Courageux les frères MARQUES.

La course, comme si vous y étiez


Le samedi 15 septembre est le jour des tours de repérages, chronos et départ de la course.
Valérie, Grand Chef de l'équipe, décide qu'Eric réalisera le chrono et effectuera le départ, je prendrai le premier relais, suivi de Bertrand et de Jérôme, et rebelote toutes les deux heures.
Je fais un rapide calcul dont il ressort que c'est a priori Bertrand qui se tapera le second départ à l'envers. Cela me convient parfaitement car, les départs c'est la foire d'empoigne entre fous furieux dont le jeu consiste à gagner des places en se faufilant au centre, de telle sorte qu'il y a quatre files de voitures qui veulent absolument passer devant les autres dans le premier virage qui ne comporte que deux files : un excellent exercice pour profiler et raccourcir son véhicule.

J'effectue mon tour de reconnaissance le plus lentement réalisable afin d'en profiter le plus longtemps possible et aussi pour mémoriser le profil de la piste et les pièges à c...

Il y a lieu également de se souvenir des conseils et instructions d'Yves : Gagner n'est pas à notre portée, la course dure 24 heures et en conséquence il faut rouler et plus précisément enrouler pour économiser la mécanique, considérant que celui qui casse paye et que les copains ont aussi envie de conduire leurs 6 heures. Je pars toujours avec de très bonnes intentions ; mais plus ça va moins ça va et mon mauvais fond reprend vite le dessus. J'ai beaucoup de mal à refréner mes tendances naturelles et à ne pas mettre en œuvre ma devise "pour un œil les deux yeux, pour une dent toute la gueule".

Déjeuner léger arrosé d'eau ; ce n'est pas bon, mais c'est plus prudent.
Et c'est le départ effectué par Eric. Nous écoutons ses commentaires à la radio mais, comme c'est un super calme, nous avons l'impression que tout se passe aimablement comme d'habitude le plus sereinement de la terre.
Je m'équipe donc.

À 17 heures pile, Eric s'arrête devant le stand et me laisse le volant après m'avoir expliqué l'état de la piste et les pièges.

Une fois sanglé, essai de la radio, contrôle des paramètres, je passe la première, franchis les tranchées, je m'arrête devant le contrôle de sortie, je montre mon bracelet vert, j'embraye en faisant semblant de remonter ma vitre gauche, en réalité je descends celle de droite pour aérer le véhicule surchauffé, je prends la piste d'accélération, passe la seconde, rentre sur la piste à fond de seconde puis troisième et, je me fais doubler par les cinq fous furieux en buggys qui sont les cinq premiers. Ils se tirent une bourre pas possible. Je regarde dans les rétros, personne derrière, je regarde devant, plus personne, les cinq dangers publics sont déjà partis. Là, je me pose une seule question : qu'est ce que je fous là ? je suis à fond et ces cinq ahuris m'ont laissé sur place avec une sensation d'incapacité, d'impuissance, d'inaptitude ou pourquoi pas de consomption.

Rapidement, le moral remonte. Il reste plus de 20 heures de course et bien des évènements se produiront.

Les techniques diffèrent : je suis parfois doublé par des véhicules qui foncent à travers l'ouverture en faisant fi de l'état de la piste ou des reliefs parasites qui l'occupent et qui rattrapent et contrôlent leurs machines plutôt bien. Ma façon de faire consiste à me rapprocher du véhicule plus lent qui me précède et de le dépasser lorsque l'opportunité se présente.

On fait comme on peut !


Notre Pirate a eu ses humeurs


Dans la bonne humeur, merci les copains, j'apprends que la pédale d'accélérateur est complètement enfoncée et que j'en suis l'auteur. Un mécano m'annonce que pour l'année prochaine, sur ma voiture, il remplacera la pédale d'accélérateur par un bouton basculeur de type ON/OFF, car de toute façon les accélérations intermédiaires ne me servent à rien. Ma réputation de "gaz-gaz" me rattrape.

Lors de mon troisième relais, j'attends, pour partir, que les mécanos refassent le plein de la boîte de vitesse pour une raison qui m'échappe. L'opération est exagérément longue pour une simple mise à niveau. Le mécano en chef m'informe enfin que tout va parfaitement bien dans le meilleur des mondes et complète (je retranscris en français compréhensible) : "nous avons également fait tomber par inadvertance un boulon dans la boîte. Soit le boulon va se coller sur l'aimant chargé de bloquer la limaille, soit il passe dans les dents des pignons et dans ce cas tu t'en apercevras forcément ! GO ". Je pars, et je cogite : si ce foutu boulon est avalé par les dents des pignons, ça va faire désordre et j'ai intérêt à débrayer "fissah." Le boulon est resté tranquillement dans son coin sans nous enquiquiner...

La carrosserie a souffert, à l'avant gauche et droit par suite de petits flirts, avec Eric et Bertrand au volant, et à l'arrière gauche par ma faute. Je m'explique : dans un virage large sur la droite suivi d'une épingle à cheveux 180° droite, alors que je manoeuvrais pour doubler rapidement un véhicule bien rangé sur sa droite, je vois un commissaire de piste, auparavant caché par le véhicule que je désirais dépasser, agitant avec frénésie un drapeau jaune, je relâche l'accélérateur suivi d'un freinage pour ne pas doubler le concurrent devant le commissaire de piste qui pourrait mal le prendre, et je me fais percuter à l'arrière gauche par un ahuri qui n'avait pas vu le commissaire de piste, caché par mon véhicule. Sous le fait de la poussette, je double le concurrent lent, négocie plutôt mal que bien le virage en épingle à cheveux droite gêné par un autre véhicule sur le toit en plein milieu de l'épingle et j'accélère pour jouer un tour de c … à l'enfoiré de service. J'attends l'impétrant, qui me remonte, à l'entrée d'une épingle à 180° droite, je mets la voiture en travers droite à l'entrée du virage, je contrebraque gauche en sortie du virage et j'accélère à fond en première. La boue fouette notamment le rétroviseur droit avec violence, et retombe en lourds paquets sur mon poursuivant qui en prend notamment plein le pare-brise. Je ne l'ai plus revu.

Dans le dernier tour de mon troisième tiers temps de 2 heures, à 300 mètres de la sortie de la piste vers les stands, le moteur se met brutalement en rideau. Cela ne ressemble pas à une panne de fioul, car trop brutale, mais je pense néanmoins à une panne de jauge ayant entendu les mécanos dire que ce véhicule ne consomme rien. Par conséquent, je tente le coup du transfert du réservoir supplémentaire vers le principal en mettant en route la pompe FACET et le moteur redémarre, après avoir attendu 15 secondes pour lancer le moteur, afin de ne pas cuire le turbo. Bien entendu, le moteur recale brutalement. Sur les conseils d'Yves par radio, je me fais remorquer jusqu'aux pompes où j'apprends qu'il me reste 70 litres. Un mécano du team, en écoutant mes explications embrouillées, décèle une panne d'alimentation électrique a priori entre la batterie et le coupe-circuit. Il a raison et la panne est réparée en quelques secondes.
Bertrand prend le dernier relais et roulera jusqu'à la 24ème heure sans autre incident.

La victoire d'une équipe


Il m'est difficile de parler de mes coéquipiers. Encore plus difficile de parler de Jérôme qui assurait un relais intermédiaire, qui ne me précédait pas et qui ne me suivait pas non plus. En conséquence, il dormait quant je conduisais et je dormais quand il courait. En pratique, je l'ai à peine vu. Par contre, Eric, qui me précédait, est un charmant garçon que j'avais eu l'occasion d'apprécier l'année dernière, d'un calme olympien, de bon conseil, une épouse charmante et des enfants parfaitement bien élevés et qui est assez sympa pour assurer les bouteilles de champagne à boire en fin de course. Un bon gars que j'ai plaisir à revoir. Le conducteur qui me suivait, Bertrand, est tout à fait exceptionnel. Une force de la nature sur le plan psychique et physique. Infatigable, sympathique comme tout, dur comme le nickel avec ou sans chrome, et qui réalisait les meilleurs chronos de l'équipe. Visiblement, l'ami Bertrand a durement vécu, certainement souffert, mais surmontera, j'en suis certain, toutes les difficultés qu'il rencontre. Cette course a été pour lui une joie, un remède, une allégresse qui faisait plaisir à voir. Bonnes voiles Bertrand.

La concentration. Ce terme est aussi vilipendé que le stress chez les fonctionnaires. Et pourtant, deux heures de conduite avec concentration extrême passent à une vitesse étonnante, suivies, en ce qui me concerne, par une fatigue importante difficile à récupérer à mon âge.

La concentration totale est indispensable. À défaut, la sanction tombe immédiatement. Le meilleur exemple est fourni par l'équipe voisine de la nôtre. Ils disposaient d'un véhicule à la silhouette presque grossière mais certainement pragmatique, car l'ensemble parfaitement étudié et réalisé, destiné à courir le Dakar et testé aux 24 heures TT de France, fonctionnait à merveille. Le pilote du moment de ce véhicule, passant devant les stands, fait un "coucou bonjour les amis", relâche son attention et probablement son volant, est déstabilisé par un effet parasite de la piste, touche vraisemblablement le rail de sécurité et part en tonneaux violents : j'estime le coût de la plaisanterie à 150.000 à 200.000 € minimum à la poubelle. Ce qui est certain, c'est que ça s'engueulait ferme à côté. Le véhicule "destroy" faisait peine à voir.

Merci Valérie et Yves et merci à l'Organisation 24 heures TT de France, bien structurée et bon enfant.







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