"En découvrant l'Afrique des rallyes-raids, j'ai découvert le désert. Si beau, si grand, si pur qu'on ne peut le contempler qu'avec respect. Dans cette immensité de sable, où la terre rejoint le ciel, tous les hommes redeviennent égaux, éprouvent les mêmes craintes à l'aborder, les mêmes joies à le conquérir. Quand, dans la chaleur d'un bivouac, on partage le même repas, sous les constellations d'étoiles, des mots comme humilité, simplicité ou convivialité prennent toute leur signification..." Ari Vatanen, le 16 octobre 1988.
 Bertrand fut le premier, hommage au père des rallyes-raids |  L'Histoire de Jean-Claude BERTRAND est liée à sa course, l'Abidjan-Nice appelé aussi rallye Côte d'Ivoire-Côte d'Azur (le fameux Côte-Côte).
Grand amateur de courses automobiles, JC Bertrand est en effet le premier à sentir le potentiel d'attraction des étendues d'Afrique sur nos peuplades européennes grisées.
En 1969, déjà, il avait mis sur pied le Rallye de Côte d'Ivoire, connu sous le nom de Bandama. Clairement, il s'agissait de faire mieux que l'East African Rally, réputait comme le plus difficile. JC Bertrand voulut faire plus fort et il y arriva jusqu'à l'extrême. En 1972, aucun concurrent ne franchit l'arrivée du Bandama qui fut baptisé "le rallye de l'impossible".
Un beau jour de 1974, sur les pistes algériennes, JC Bertrand rallait Monte Carlo pour prendre le départ du fameux rallye. Résidant à Abidjan, il était parvenu à faire de la capitale Ivoirienne une ville-départ du fameux Monte Carlo. Seize voitures avaient quittés la lagune pour rejoindre la principauté par le désert et l'Espagne. A leur arrivée au pied du grand rocher, cruelle désillusion pour JC Bertrand et ses amis : le choc pétrolier venait de terrasser sa Majesté des rallyes... A son retour à Abidjan, JC Bertrand est perplexe. Les idées se bousculent dans son esprit. Voitures. Désert. Rallye. Le puzzle se met doucement en place, et il décide de mettre sur pied une formidable course ralliant l'Europe à l'Afrique.
Le cadre était trouvé, il fallait trouver le concept. Les voitures de rallye de l'époque n'étaient pas assez affûtées pour répondre aux rêves de grandeur de JC Bertrand. Il créa alors une épreuve, réunissant voitures traditionnelles, 4X4, motos et camions : ainsi est né le rallye Côte d'Ivoire-Côte d'Azur, aussi resté dans la légende comme l'Abidjan-Nice.
JC Bertrand nous a quitté en octobre 2005. il avait 69 ans. Ironie du sort, l'année de sa mort, il s'apprêtait à débuter les reconnaissances de "l'Abidjan-Nice historique" qu'il souhaitait organiser pour 2006/2007.
Un sacré mec.
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|  Histoire de la 5/5 Transafrica |  Nous sommes le 23 décembre 1979 à Aix en Provence. Pour conserver son avance sur T Sabine, JC Bertrand veut faire plus grand. Il décide alors de se lancer dans un projet encore plus fou qui ne devrait pas manquer, selon lui, d'étouffer le Dakar.
Voulant aller au bout de sa logique, il créa une course légendaire. Ce sera le 5/5.
Un rallye qui se déroulera sur 5 continents, un par année. Mais un tel projet, beaucoup trop long et trop lourd, ne pouvait tenir la distance dans l'espace et dans le temps. Mais JC Bertrand avait l'obstination d'un buffle africain et c'est en Afrique, en passant par l'Algérie et le Ténéré, que se déroula le premier volet du 5/5. De part sa connaissance du terrain et des contacts qu'il avait dans ces pays, l'Afrique était le zone de prédilection de JC Bertrand. Pour la suite, lorsqu'il faudrait s'attaquer à l'Asie, aux Amériques et à l'Océanie, on verrait bien. JC Bertrand n'écrira qu'un seul chapitre de ce rallye mégalo.
Avec difficulté, mais toujours grâce à à la chance qui ne manque pas de sourire aux audacieux. D'abord avec l'arrivée du Team Fougerousse qui, fâché avec Sabine, lui apportera une participation de treize voitures. Ensuite, par le renfort du Team Aseptogyl (le dentifrice) qui lui fournit le pilote dont les trois Iveco seront conduits par des femmes, les fameuses « Panthères roses ». Du coup, la participation fait boule de neige et JC Bertrand peut ainsi présenter une participation plus que décente qui lui permet ainsi de sauver la face par rapport au Dakar de Sabine. L'honneur est sauf pour les deux épreuves qui se déroulent quasi en même temps, mais les retombées seront décevantes pour JC Bertrand ; les média ayant déjà choisi leur camp.
J'ai récemment fait la rencontre de James Jaulin, très bon pilote et fort sympathique raider. Il m'a parlé de ce rallye d'exception, il y était... Merci James pour tes archives.
James termina héroïquement ce rallye en 6ème place (sur 138 concurrents) au volant d'un FJ40. Photo ci contre.
...Pour ce qui paraissait déjà comme un baroud d'honneur, Bertrand n'avait pas mégoté. Son premier 5/5 passait par l'Algérie, le Mali, le Niger, la Libye, la Tunisie et l'Italie. Un parcours éprouvant de 12.000 km, dont plus de la moitié à faire dans le désert. Seul 52 concurrents ont terminé le rallye.
De ce 5/5, James Jaulin en garde un souvenir mémorable. Il nous raconte. « On quittait l'Europe et c'était l'aventure... Il ne fallait compter que sur soi-même, pour réparer comme pour la bouffe, et cela créait un formidable sentiment d'entraide et de liberté. L'aventure commençait dès qu'on avait quitté la maison, le 4x4 était chargé comme un mule car il fallait complètement être autonome en pièces comme en vivres. A tel point que c'est ainsi qu'on a fait le prologue, sans même réaliser qu'on aurait pu décharger pour alléger la voiture !... Après, c'étaient les grands espaces, les horizons lointains, les dunes. C'était une course qui faisait peur. Peur du terrain, peur de casser, peur de ne pas tenir. Mais une peur qui transcendait et qui donnait un énorme sentiment de vivre et d'exister. Et puis il y avait des moments plein de magie, comme ces départs en ligne dans le désert ou cette tempête de sable, très éprouvante, où JC Bertrand a tiré le convoi au travers de la nuit jusqu'à que l'on rejoigne enfin l'arbre du Ténéré. C'était des moments forts comme je n'en ai pas retrouvé ensuite sur les Dakar. JC Bertrand, c'était vraiment une légende, l'esprit de l'aventure.. »**
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|  Histoire du Côte-Côte |  La première édition de l'Abidjan-Nice eu lieu du 25 décembre 1975 au 11 janvier 1976 et vit la victoire du Range Rover de Privé-Blain. Ce premier Côte-Côte enfantera dans la douleur puisque deux concurrents motos se tueront. Et déjà la polémique est lancée : à quoi cela sert-il d'emmener des véhicules dans des endroits aussi inhospitaliers ? Malgré tout, et grâce à l'accueil enthousiaste réservée par les concurrents, JC Bertrand remet ça l'année suivante. En 1977, pour la seconde édition, le Ténéré fut parcouru et un motard barbu au guidon de sa Honda s'y perdit pendant 3 jours… Il s'appelait Thierry Sabine.
Souvenirs. JC Bertrand ne le sait pas encore, mais ce jeune homme de bonne famille va lui causer bien des soucis. L'un des grands moments de l'épreuve doit être la traversée du désert du Ténéré au Niger "le désert des déserts", ainsi que le surnomment les touaregs qui y vivent. C'est dans cette immensité de sable que Sabine s'égare, et manque de mourir de soif et d'épuisement. Les heures passent, et JC Bertrand met tous les moyens dont il dispose pour retrouver le concurrent égaré. Il mettra un point d'honneur à quadriller tout le secteur pour chercher et ramener vivant celui qui deviendra son grand rival. JC Bertrand retrouvera T Sabine et lui dira "Tout ce que tu vas vivre à partir de maintenant, c'est du rab !"
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|  Histoire du Paris-Dakar | Photo du FJ73, vainqueur en 1987 et 1988 des rallyes Dakar, Atlas et Pharaons.
Avec Thierry Sabine, l'histoire de rallyes-raids sautera de chapitre. De l'esprit de Sabine vont naître des projets fous. Homme de médias, professionnel de la communication, il se prend à rêver à une grande épreuve de sports mécaniques, le Paris-Alger-Dakar. Un "remake" de la Croisière Jaune, chronomètre en plus.
Décembre 1978. Sur la place du Trocadéro, une centaine de véhicules sont offerts à la curiosité des Parisiens frigorifiés. Ce sont les participants du premier Paris-Dakar. D'illustres inconnus, Fenouil, Cyril Neveu, Hubert Auriol ont répondu à l'appel du grand large, et sont prêts à braver tous les dangers pour assouvir leur soif d'aventure. Ces pionniers casqués, bottés ont déjà goûté aux raids en Afrique, seuls ou avec JC Bertrand, et l'idée de Sabine les a enchantés. Les voilà partis sur des engins hétéroclites, pas toujours adaptés aux terrains qu'ils vont rencontrer. A leur retour en France, ils seront les meilleurs ambassadeurs de l'aventure qu'ils viennent de vivre. Oubliant leurs mésaventures, la faim qui les a souvent tenaillée, les problèmes d'intendance dus à l'inexpérience de l'organisateur, ils reviendront des étoiles plein les yeux. Pour ceux qui sont restés, la tentation est forte d'aller rejoindre les bivouacs du bout du monde, si bien racontés par Max Meynier, sur les ondes de RTL. Le rêve est en marche, le Dakar avec lui, qui dès sa deuxième édition, suscite un gros engouement. Des équipes officielles engagent des véhicules, attirées par la nouveauté et la particularité de l'épreuve. La mode des rallyes-raids est lancée, elle va connaître un retentissement imprévu insoupçonnable quelques années auparavant, aussi bien des pouvoirs sportifs que du public.
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