Partir en raid 4x4

 

 

Le 4x4 est une formidable machine à voyager… en toute liberté. Pour la plupart des amateurs de raids, le 4x4 évoquent l’Aventure authentique, les voyages, les découvertes, l’envie d’ailleurs, la convivialité et … l’humilité. Un cocktail aux multiples saveurs à déguster sans modération. Voyager en raid 4x4, c'est partir autrement.

 

A la rencontre de l'ouest américain

Article paru dans Toyota Land Cruiser Magazine

 

Destination plébiscitée des voyageurs épris de grands espaces, l’ouest américain demeure une terre d’étonnement dont on ne se lasse pas. Canyons spectaculaires, parcs nationaux sauvages, plateaux désertiques, décors de western ou mégapoles démesurées, cette région du globe offre des destinations multiples convenant à toutes les humeurs. Si sa société est confrontée à des défis humains et environnementaux sans précédents, l’Amérique pionnière étonne encore par sa capacité à tirer le monde occidental au delà des vieux clichés conservateurs.

 

Confronté à de forts enjeux écologiques, Toyota a su s’adapter au marché californien afin de satisfaire ses clients… et les pouvoirs publics. C’est un véritable grand écart de la part du constructeur nippon qui plébiscitent ses véhicules propres sans mettre totalement de côté ses voraces motorisations essence. Ainsi sur les immenses parking des concessions, des rangées de gros pickups défient (mais pour combien de temps encore ?) les nombreux modèles hybrides de la marque.

 

« Le marché est tiré par les besoins de nos clients » nous explique Eli Rubio, Sales & Leasing Consultant de la concession Toyota de San Diego. L’orientation des dernières ventes sont de précieux indicateurs qu’exploitent à merveille les responsables marketing japonais. Comme une évidence, les professionnels qu’ils soient exploitants agricoles, éleveurs, forestiers, artisans du bâtiment ou encore forçats des travaux publics - n’envisagent rien d’autre que leurs utilitaires. Grands espaces, météo capricieuse, terrains difficiles ou conditions d’adhérence dégradées ; pour ces « pros » les gros pickups 4x4 sont une vraie nécessité. Toyota l’a bien intégré et propose du lourd et du costaud, à l’image du Tundra qui appartient à la catégorie des « Trucks ». D’ailleurs, notre concessionnaire aime à rappeler que le 12 octobre 2012, un Tundra de série avec son moteur V8 5,7L a tracté la navette spatiale Endeavour sur le tarmac de l’aéroport de Los Angeles. Et sans trucage !

 

Le tour de force publicitaire continue car Toyota est partenaire des sauveteurs de la côte Pacifique et fournit des Tundra et Tacoma équipés pour tous types d’intervention (accessoires de plongée, body board pour Lifeguards, matériel médical d’urgence et de réanimation, …).

 

C’est en ville que l’image de Toyota évolue radicalement. Dans une prise de conscience collective, la clientèle se met à l’hybride tous azimuts. Les Prius sont à tous les coins de rue, tandis que les grands SUV comme le Highlander hybride voit ses ventes s’envoler. Dans ce contexte, Toyota mise sur son 4Runner pour perpétuer l’esprit « aventurier » de la marque alors que le FJ Cruiser est malheureusement sorti des concessions. Le monde des Land Cruiser est donc en pleine mutation. Pourtant les séries 5, 6, 8 et 10 ont connu leurs heures de gloire puisque ces modèles avaient été conçus pour le marché nord américain. Curieusement les séries 7 ne furent jamais importées et font l’objet de toutes les convoitises de la part des passionnés de la marque. Une page Facebook nommée «Toyota: Bring the 70 Series Land Cruiser and Diesels to the USA» est d’ailleurs dédiée à cette communauté.

 

Pas d’inquiétude car la passion des Land Cruiser est bien encore présente. Elle serait même en augmentation depuis que le marché automobile tend à s’aseptiser outre Atlantique. Chouchous des hippies, surfeurs ou riches californiens, les 4x4 à tendance Vintage comme les séries 4 cartonnent et font l’objet de très belles restaurations ou transformations. Il est vrai que la législation américaine tolère encore quelques « excentricités » en matière d’équipements et de sécurité.

 

Les passionnés de Toy se donnent rendez-vous chez Specter Off-Road Inc (www.sor.com) au sud de Los Angeles. Cette structure de 1983, entièrement dédiée aux Land Cruiser, possède un stock impressionnant de pièces détachées ou accessoires, et propose des « reconstructions » sur mesure. La visite vaut le détours, Kay Spector et Paul Whistler sont fiers de présenter une cinquantaine de modèles rares dont un BJ de 1955 ou une collection de Fire Patrol Vehicles  déclinés en séries 4, 5 et 6.

 

Entre tradition et modernité, Toyota semble donc maitriser la transition énergétique qui s’impose à nous. En surfant sur ses modèles qui se vendent le mieux, le constructeur garde le vent en poupe et conserve sa place au soleil. Vive les Toy de Californie.

 

Une autre façon de voyager

Pourquoi partir

 

Pour certains c'est faire une pause, se ressourcer, échapper au stress d'un boulot trop prenant, fuir la grisaille des grandes villes ou mettre ses problèmes du quotidien de côté…

 

Pour d'autres c'est découvrir d'autres pays ou de nouveaux paysages, rencontrer des populations loin des circuits touristiques aseptisés tout en respectant les pays traversés...

 

Pour tous, c'est une autre idée du voyage. Les raiders recherchent de nouvelles sensations et retrouvent les valeurs humaines essentielles. Ils savent également se faire plaisir au volant de leur 4x4 et tout en pilotant à leur main. Le raid apporte toutes ces richesses.

 

"Se réveiller dans le lieu de rêves et puis partir de nouveau à la recherche de lieux nouveaux, de sensations nouvelles ..." Jacques Candini résume bien cet état d'esprit : « Partir loin pour s'arrêter, tout un paradoxe ». Une évasion authentique à la fois moderne et hors du temps, un retour aux sources, une soif de liberté et d'aventure.

 

Les raiders connaissent cela par cœur.

 

Ils ont dit à propos des voyages

 

 

Les raiders sont des voyageurs infatigables. Ils cultivent leur soif d'aventure et débordent d'énergie qui les pousse vers l'inconnue.

 

Rarement rassasiés, ils donnent l'envie de partir, loin, ailleurs.

 

Voici quelques citations et témoignages.


 

 

  • "Mon rêve d'aventure est inoxydable." Jean-Louis Etienne
  • "La vie est comme un livre. Celui qui ne voyage jamais, n'en lit qu'une page."
  • "Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie." Lamartine
  • "Rien ne développe l'intelligence comme les voyages." Emile Zola
  • "Se réveiller exactement dans le lieu de ses rêves et puis partir de nouveau à la recherche de lieux différents et de nouvelles sensations."
  • "Le plus beau voyage, c'est celui qu'on a pas encore fait..." Loïck Peyron
  • "Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues." Joseph Kessel
  • "Un bon voyageur ne doit pas se produire, s'affirmer, s'expliquer, mais se taire, écouter et comprendre..." Paul Morand
  • "Pour bien aimer un pays, il faut le manger, le boire et l'entendre chanter." Michel Déon
  • "On ne fait pas un voyage, le voyage nous fait et nous défait, il nous invente." David Le Breton
  • "Le tout terrain, le voyage et l'aventure rythment notre vie d'intenses émotions. Parcourir le monde pour apprendre et découvrir terres et hommes est l'une des plus grande richesse dont on puisse rêver." Arnaud Delmas-Marsalet
  • "Le voyage est un retour vers l'essentiel..." Proverbe tibétain
  • "Au premier voyage on découvre, au second on s'enrichit." Proverbe touareg
  • "Voyager ajoute à sa vie..." Proverbe berbère

 

Solidaire, pour joindre l'utile

 

Lorsque Raid rime avec Aide... Les rencontres avec les populations locales des petits villages reculés sont un perpétuel enrichissement. Elles le sont tout particulièrement puisque nos raids empruntent des pistes loin des circuits touristiques.

Les raiders sont souvent sensibles aux enfants et aux difficultés qu'ils rencontrent au quotidien (écoles éloignées et difficile d'accès, classes mutli-niveaux, manque de livres, manque de fournitures, peu de jeux, ...).

« Pourtant, le dévouement des professeurs est extraordinaire et nous sommes à chaque fois touchés par ces enfants, qui ébahis de nous voir, sont fiers de nous réciter quelques phrases de bon français. Durant chaque voyage, nous nous arrêtons quelques heures dans une ou plusieurs écoles et passons du temps avec leur professeur. Nous leur distribuons quelques fournitures scolaires et des livres de lecture. » Raconte un raider.

 

Vivre la joie des enfants. Les raids sont autant d'opportunités de rencontres. Montrer à nos enfants comment vivent d'autres enfants, quelles sont leurs difficultés, comment ils s'habillent, ce avec quoi ils jouent, comment ils se déplacent, ce qu'ils mangent, ce qu'ils apprennent à l'école...

 

Les rencontres avec ces populations dites "défavorisées", qui pourtant affichent une joie de vivre sans pareil, sont enrichissantes et constituent de vraies valeurs éducatives.

 

Aller plus loin. Bâtir un projet humanitaire est certainement une très belle aventure, il doit se construire très sérieusement ou pas du tout. Car ce n'est ni un jeu, ni du tourisme.

 

Petits cadeaux et grands sourires

 

Hommage à un homme tout-terrain qui sait allier passion et voyage solidaire.

 

Bruno SEILLET, affiche un joli palmarès. Il a participé à plusieurs DAKAR et a franchi la ligne d'arrivée. L'homme a de l'expérience et un grand coeur. Passionné par l'Afrique, il met ses périples au profit des deux associations humanitaires dont il s'occupe : Entraide Sans Frontières et AJIR(*) Aventure (aide sociale à destination de la jeunesse).

 

« L'Afrique est un continent auquel je suis extrêmement attaché. En dehors du Dakar, je vais tous les ans en Afrique pendant deux semaines avec l'association Entraide Sans Frontière. Il s'agit d'une caravane médicale, nous emmenons des médecins, des infirmières, et nous faisons de la chirurgie ambulatoire. Un travail également effectué en collaboration avec des médecins locaux qui orientent vers l'association les patients qui en ont le plus besoin.», explique Bruno.

 

« AJIR a pu profiter de ma participation au Dakar en 2006, j'ai regardé quels étaient les endroits les plus abandonnés et c'est là que nous sommes retournés par la suite. Le Dakar permet en effet de passer par des zones abandonnées, loin des sites touristiques où les visiteurs sont déjà sollicités. J'ai vu en Afrique certains endroits où les gens se sauvent quand vous arrivez, où les enfants se mettent à pleurer. C'est là que nous essaierons de revenir », ajoute t-il.

 

« Passer quelque part, c'est bien, mais revenir et voir comment les choses se passent, c'est encore mieux », conclut Bruno.

 

(*) A propos d'AJIR. "Voyager, se lancer à l'aventure, suivre des sentiers ou des pistes peu fréquentées ou non balisées pour se mettre à la recherche de populations plutôt (J)Jeunes pour leur fournir une (A)Aide. Nous ne nous sommes pas fixé de limite dans les pays que nous pourrions visiter aussi AJIR veut garder une dimension (I)Internationale. Mais AJIR c'est aussi proposer à ses adhérents la découverte de pays en dehors des circuits touristiques habituels, en autonomie, à la manière d'un (R)Raid que ce soit en 4x4, en moto, en quad, à vélo, à mobylette, à pied, ou en canoë. Toutes les idées, toutes les compétences, toutes les volontés qui peuvent servir les buts d'AJIR Aventure sont les bienvenues."

 

https://www.facebook.com/Ajir-Aventure-618391064843019/

 

Vent de liberté sur la Namibie

Extrait de l'article paru en 2014 dans Toyota Land Cruiser Magazine

 

Nouvelle destination plébiscitée des voyageurs au long cours, la Namibie s’est organisée et mérite que l’on s’y intéresse de plus près. Ici, tout est simple : réservation des lodges, bivouacs dans les campsites, pistes larges et roulantes, orientation… Une famille de globe-trotters a souhaité tenter l'aventure en solo. Leur périple de 4.500 km confirme que ces grands espaces de liberté sont bel et bien accessibles en toute sécurité.


Le safari individuel comme formule de vacances.


A Windhoek, nos aventuriers prennent possession de leur 4x4. Un Toyota hilux équipé d'un hard top pour protéger les quelques bagages, deux roues de secours et un frigo Engel. Ce dernier s'avère précieux pour conserver la viande de biltong des pique-niques. Malgré son volant à droite, la prise en main du pick-up est immédiate. Avec son châssis long, le confort de roulage est au rendez-vous. Les kilomètres s’enchaînent rapidement. Sur piste, il est toutefois conseillé d’être prudent car il n’est pas rare de voir un phacochère débouler « pleine balle » du bas côté. Les limitations de vitesse sont une sage prudence.

 

Univers minéral et déserts époustouflants. La Namibie est une terre de contrastes et de diversité. Son immensité nous impose de la découvrir par de longues traversées en 4x4, ponctuées de waypoints remarquables.

Tout d'abord, les déserts du Namib et du Kalaari qui offrent des paysages grandioses. Leurs dunes majestueuses ocre et rouge changent de celles du Sahara et paraissent moins hostiles. On est ici dans un univers hors du temps, semblant fait de poussière de cristal et de roches aux craquelures presque géométriques.

 

Au centre du pays, c’est la découverte des montagnes du Naukluft et de Brandberg, les plus hautes de Namibie. Elles se dressent à 2.500 m comme surgi de nulle part au milieu des plaines du Damaraland. Le spectaculaire paysage granitique rappelle la particularité de cet écosystème. Rochers typiques, dunes pétrifiées et nombreuses sources d’eau font de Brandberg une des attractions géologiques les plus intéressantes du pays.

 

Plus loin, le plateau du Waterberg s’élève à 200 m au dessus des plaines environnantes. Ce Parc, fondé en 1972, protège des espèces en danger telles que l’hypotrague noir, l’antilope chevaline, le tsessebe ou les vautours du Cap. La petite famille en profite pour effectuer une belle promenade à travers les sentiers sauvages qui dominent le bush. Quels points de vue !

 

C'est ensuite Swakopmund, agréable station balnéaire édifiée en plein désert le long de la côte atlantique. De quoi oublier la sécheresse des grands espaces lunaires.


Le célèbre parc animalier d'Etosha et les peintures rupestres de Twyfelfontein complètent les « incontournables » de ce beau pays.

 

Que d'eau. Le pays est l’une des régions les plus rudes et les plus arides de la planète.
Aussi trouver de l'eau en plein désert est toujours un réel plaisir. Le site préféré de nos voyageurs est celui des chutes d’Epupa. Elles se situent à la frontière de l’Angola, le long de la rivière Kunene. La piste pour y arriver est longue, mais quelle récompense : une véritable oasis de verdure propice à de belles ballades. On y rencontre petits singes vervets, perruches inséparables et parfois crocodiles. Au coucher du soleil, il est vivement recommandé d'accéder à un magnifique point de vue qui surplombe les chutes vrombissantes. L'accès sur fait par une piste en mauvais état et à forte pente. L'occasion de passer en boite courte et de tester un peu plus le Hilux. Un vrai cabri.

 

A Cape Cross, une famille d’otaries à fourrure du Cap de quelques 120.000 membres nous donne rendez-vous. Les enfants retiennent leur casquette et se bouchent le nez !

 

Mais Cape Cross est aussi un site historique où le navigateur portugais Diego Cao a accosté en 1486 lors de sa seconde expédition dans l’hémisphère austral.

Mais d'autres découvertes attendent nos aventuriers français. Amateurs de faune marine, ils se souviendront longtemps du « boat Cruise » dans la baie de Walvis Bay. Dauphins, flamants roses et pélicans se livrent à de nombreuses facéties. Ces derniers sont surnommés la « Namibian air Force » en raison de leur impressionnante technique de vol.

 

A noter qu'à Mola Mola, il est possible d’opter pour un combiné Tour de 4x4 dans les dunes avec repas d’huîtres et fruits de mer servi en plein bac à sable.

 

Puis c'est la route vers Swakopmund, le long de l'atlantique, et là frayeur ! La route est constituée d’un mélange de sel et de gypse. Un revêtement extrêmement glissant qui ressemble à du bitume sans en avoir les « qualités » d'adhérence... Plus de peur que de mal. Avec un bon coup de volant, le Hilux revient sur sa trajectoire et freine en ligne droite.

 

Faune et Flore namibiennes. Les jours s'enchaînent et les découvertes se succèdent. Visite d'une forêt pétrifiée où des arbres furent amenés durant des crues il y a 125 millions d'années avant d’être recouverts de sédiments puis transformés en pierre. Arrêt à la Cheetah Guest Farm d’Otjitotongwe, qui est l’un des moments les plus forts du périple. La famille Nel s’est investie d’un projet de protection des guépards. Une occasion unique d’assister à leur « frugal » repas, de les prendre en photo et même de les caresser. Expérience inoubliable pour les petits comme pour les grands téméraires.

 

La traversée du parc Etosha complète la découverte de cette faune sauvage, typique des savanes. Les animaux se regroupent autour des points d’eau dans un rituel qui semble immuable. Seule une crevaison vient perturber l’émerveillement des jeunes photographes. Le changement de roue s’effectue à l’écart des animaux pour plus de sécurité. Tout se passe bien lorsqu’un ranger accourt et invite nos bourlingueurs à remonter en urgence dans leur 4x4. Une famille d’éléphants est en train de débouler à vive allure. Juste le temps et refermer les portières et les pachydermes longent le Hilux… imperturbables.

 

Passé et richesse culturelle. Le voyage s’achève par un arrêt aux peintures rupestres de Twyfelfontein (dit la fontaine capricieuse). Ce site pariétal est classé par l'Unesco pour ses centaines de gravures bushman, vieilles de 1.500 ans. Ici, sur un plateau de grès rouge au pied d'une source qui fut probablement abondante, un peuple aujourd'hui disparu a laissé pour les générations futures un incroyable bestiaire gravé sur la roche. 
Mais c'est sans doute la rencontre avec le peuple Himbas qui marquera le plus nos voyageurs. Partager quelques instants avec cette ethnie rappelle les vraies valeurs de la vie et « remet les choses en place ». Leurs sourires nous font oublier, un temps, la fuite en avant de nos vies modernes.

 

Les journées passent trop vite et il faut rejoindre Windhoek. Au revoir le silence de ces paysages infinis. La Namibie offre ses grands espaces aux aventuriers en quête de nouvelles explorations. Une destination « voyages 4x4 » qui doit s'inscrire au sommaire des roadbooks de tout bon raider. Un séjour d’exception.

 

Dubaï, retour vers le futur

Extrait de l'article paru dans Toyota Land Cruiser Magazine d'avril 2014

 

Oui, il reste des endroits sur notre belle planète où les Land Cruiser sont légion, où les vitrines des concessionnaires exposent fièrement des séries 7 flambants neufs, et où le 4x4 reste la meilleure façon de se déplacer et de voyager. A Dubaï, comme dans tous les Emirats, les Land Cruiser n'ont pas besoin de "rassos" pour exister, ils se croisent aux feux rouges ou sur le sif des dunes. Mieux, ils sont plébiscités pour leur fiabilité et leur capacité à bourlinguer sans limite…. Du concessionnaire à la dune, suivez le guide !

 

« Nouvelle » destination plébiscitée pour son tourisme haut de gamme et ses grands espaces désertiques, Dubaï dispose de sérieux atouts et mérite un regard nouveau.

 

Ici le passé et le futur de Toyota se côtoient.

 

A l’image des plus belles concessions de la marque, les deux showroom de Dubaï sont grandioses et d’architecture ultra moderne. Ici Toyota « met le paquet » car le potentiel de ventes est important. Ce qui frappe d’emblée est la quantité de Land Cruiser qui sont exposés. A l’inverse de « chez nous », les Toy sont à l’honneur. Prado, nom commercial de notre KDJ150, SW et FJ Cruiser sont omniprésents. Comme dans un rêve ! Mieux des GRJ79 sont exposés et attendent sagement de partir au boulot. Ils ne restent d’ailleurs pas longtemps dans cet univers rutilant.

 

« Pince-moi », je rêve. A l’approche des descriptifs des véhicules, nos yeux tombent rapidement sur le prix, et là c’est le choc. Y a-t-il une erreur d’affichage ou bien ce sont des modèles d’occasion ? Non les prix sont bien clés en main, « départ concession » précise le vendeur.

 

Ici pas de TVA, ni d’écotaxe ou encore de carte grise indexée sur la puissance « fiscale ». Par curiosité, nous nous attardons sur le sympathique FJ Cruiser dont la version boite manuelle ferait le bonheur de nombreux raiders s’il était possible de se la procurer dans notre petit hexagone. Affiché neuf aux alentours de 20.000 euro, cela fait réfléchir. Alors que vous êtes déjà en train de sortir le chéquier, la raison vous pousse à faire vos comptes pour savoir combien vous devez ajouter pour le faire immatriculer et rouler en France. C’est simple, cela coute le prix du véhicule !! Droits d’import, frais de douane, frais d’homologation, frais de gestion pour l’Administration, TVA, Ecotaxe, carte grise et bientôt vignette… Stop ! Sans plus de commentaire à moins de rentrer dans un débat « social vs libéral » sans fin.

 

Place au sable.
Située en plein désert, il est aisé d’organiser un pique-nique dominical dans le bas à sable. La sortie de la ville se fait par de grands axes autoroutiers qui mènent aux portent du désert en moins d’une demi-heure.

 

C’est à bord d’un Fortuner. A noter que ce Toy n’est pas importer en Europe afin de ne pas concurrencer ses grands frères les Land Cruiser. Il a pourtant de nombreux atouts. Un solide châssis, un pont arrière avec de vrais ressorts, une gamme courte. 7 places dans un gabarit contenu. Une fiabilité à toute épreuve puisqu’issu de la gamme Hilux. Proposé en version essence de ch, il est bien armé pour jouer dans le sable.

 

Le Fortuner est un dérivé du Hilux, ils partagent la même planche de bord et de nombreux organes mécaniques

 

La conduite dans le sable avec un moteur essence, même puissant, est très différente de la conduite d’un moteur diesel. En effet, le manque de couple se fait vite ressentir et les « coups » de gaz ne font qu’aggraver les choses. Les plantages ne sont jamais loin. Le pilotage demande plus de finesse afin de tirer le meilleur de la puissance sans faire « hurler » la mécanique.

 

Pas besoin d’un œil avertis pour dénicher des perles rares, toutes les séries sont dignement représentées. De l’inusable série 4 ou 6 en passant par les séries 7, 8, 9, 10 les Hilux ou autres séries 12 ou 15 font partie du paysage quotidien. 

 

Oui, Dubaï aime les Toy.

 

Un jour - un raid

 

 

Les préparatifs d'un raid 4x4

 

Un tel voyage ne s'improvise pas, il nécessite une longue et minutieuse préparation. Il est fortement conseillé de prendre quelques cours de pilotage 4x4 avant de franchir la Méditerranée. De plus, partir avec des professionnels est fortement recommandé pour une première expérience. Partir avec une agence agréée.

 

Le nombre d'heures consacrées à la préparation d'un raid 4x4 n’est pas à sous estimer. Sélection d'une destination ou d'une organisation ad hoc, formalités administratives, réservations diverses, mise à jour des vaccins, étude du parcours, préparation mécanique du véhicule, aménagement intérieur de ce dernier, rassemblement de l'équipement de bord, du matériel de camping et de survie, constitution des réserves d'eau et de nourriture pour une parfaite autonomie... Tous ces pré-requis sont à effectuer avec minutie. Il s'agit de penser à tout, de régler une multitude de détails et de ne rien oublier car après il est trop tard. On n'achète pas une brosse à dents au milieu du désert !

 

L'heure du départ

 

Les derniers petits détails sont réglés et l'on constate ô stupeur qu'il n'y a plus beaucoup de place dans le 4x4. Où mettre ses affaires personnelles et sa valise à roulettes de dernière génération ? La solution : faire un petit sac ! Exit les robes de soirée et sa collection de BD. Pas besoin de sèche-cheveux, ni de trois serviettes de bain… Pour vivre en pleine nature, le raider n'emporte que le strict minimum car la place à bord est comptée. Cela tombe bien car l'ennemi du 4x4, c'est le poids embarqué.

 

C'est le grand jour du départ ! De part sa proximité, l'Afrique du Nord sera probablement la première des destinations. Bon choix.

 

Le point de départ du raid est rejoint par bateau ou par avion pour certains, évitant ainsi les fastidieuses virées autoroutières.

 

Réveil matinal

 

C'est parti. Voici ce que les raiders vivent dans les jours qui vont suivre. Rallier quotidiennement un point A à un point B. En théorie seulement, car les aléas de la piste peuvent en décider autrement. Les journées sont rythmées par d'incessantes secousses et des pièges en tout genre. Les rencontres et les imprévus chamboulent également les programmes.

 

De bonne heure et de bonne humeur. Les paysages sont de toute beauté au petit matin.  "Se souvenir de la lumière du soleil qui pointe au loin, ou d'une tasse de café prise  au milieu des dunes". Les grasses matinées ne sont pas de mise pour ces vacances, car les raids sont synonymes de départs matinaux. Les journées sont courtes dans le désert, le soleil se lève à 6h00 et se couche vers 18h00, même en été.

 

Rapide briefing, planning cible de la journée, moteur. Les raiders roulent en convoi et apprécient les échanges à la VHF (liaison radio). Le groupe est ainsi soudé.

Tout sauf la monotonie. Il est difficile de retranscrire avec exactitude le déroulement d'une journée type, elles sont si différentes. Les étapes varient selon les organisations, l'état des pistes et le type de terrain rencontré. Pour ne parler que du Maroc, la traversée du lac Iriqui est en général plus rapide que le franchissement des dunes de Merzouga, c'est évident.

 

L'entraide fait partie du quotidien

 

Du tourisme actif. Pour bien vivre un raid 4x4, payer le tarif de l’inscription ne suffit pas. Il y a un autre prix à payer : l’effort personnel pour surpasser les difficultés telles que le froid, la chaleur, l’inconfort, les évènements inattendus... Alors, et alors seulement, vous aurez la satisfaction personnelle d’avoir été plus loin qu’un simple touriste, d’avoir “fait” quelque chose de mémorable. Les organisateurs de raids ne peuvent faire cette démarche à votre place, elle requiert des qualités humaines que vous devrez exacerber, telles que facultés d’adaptation, tolérance, self-control, courage, compréhension, volontarisme... Etre “aventurier” se mérite !

 

Place au pilotage

 

Pistes roulantes, suivi du road book, passages de dunes, fech-fech, assistance aux copains, traversées d'oueds ou de chotts, points de navigation, franchissements divers, autant de terrains de jeu que sont venus chercher les pilotes. Ils se régalent, en redemandent et oublient un temps leur permis à point. Ici pas de crainte de croiser une boîte à image ou un Papa 22 !

 

Les gros plantages (ou tankages) sont moins appréciés. Sous le cagnard, ces inoubliables séances de pelletage alimenteront les souvenirs. Les mots ‘entraide' et ‘solidarité' prennent ici tout leur sens.

L'ambiance des petits villages traversés et les rencontres à l'improviste avec des locaux sont des moments privilégiés. Un thé partagé au milieu de nulle part peut s'éterniser. Personne n'attend, alors il faut en profiter.


Garder le rythme. Un raid est en général un long périple et il faut rouler régulièrement tout en préservant sa mécanique. Sept heures de conduite par jour sont nécessaires si l'on veut parcourir deux à trois cent kilomètres quotidiennement. C'est une moyenne, bien entendu.


Pauses et haltes vont s'enchaîner. Photos, découvertes en tous genres, regroupements, ravitaillements, dégonflages et regonflages des pneus, apéros, pique-niques ou petits restaurants locaux… On trouve toujours le temps de partager ses impressions et de se narrer découvertes, sensations ou galères… Les pilotes échangent sur leur conduite, parlent technique 4x4, préparations, souvenirs… Les heures vont défiler, on ne s'ennuie jamais.

 

En fin de journée

 

En fin de journée, l'organisation va prévoir un hôtel ou un bivouac en pleine nature. Les hôtels ou les campings retenus sont en général très corrects et permettent de s'imprégner un peu plus de la culture locale.


Le bivouac privilégie le repos en toute convivialité.

 

C'est un moment magique à ne manquer sous aucun prétexte. Pour bien le préparer, il est important de s'arrêter une bonne heure avant le coucher du soleil et ainsi mieux choisir son emplacement. Ce qui évitera, par exemple, d'avoir la surprise de découvrir au petit matin que l'on est installé au beau milieu d'une décharge… Anecdote vécue par des raiders!

Les secousses de la piste rangent tout dans le véhicule ! Le premier bivouac fait toujours rire. On ne retrouve rien dans son 4x4, tout semble très mal rangé et complexe à extirper.

 

Les gestes les plus simples se compliquent. Se laver les mains, se changer, s'asseoir dans une chaise de camping, ou préparer le dîner... Les repères habituels sont oubliés mais cette « frustration » sans importance ne dure pas. Étonné par sa capacité d'adaptation, le voyageur fait rapidement face aux contraintes quotidiennes d'une telle expédition. Un bon repas concocté par un cuistot ravit quelque soit le contenu de l'assiette. Ceux qui ne sont pas de fins cuisiniers emportent des assiettes à réchauffer au bain marie… Le « Lapin chasseur » est quant à lui, un grand moment de solitude.

 

La soirée est propice à un brin de toilette, les plus courageux tentent la douche. Des systèmes plus ou moins évolués permettent de jouir d'un petit filet d'eau tiède. L'eau en raid est limitée et chacun pense avoir LA solution idéale pour se laver efficacement. Certains montages sont d'ailleurs dignes du concours Lépine.


Une fois délassé et dépoussiéré, la nuit s'annonce douce et réparatrice.

 

Le feu de camp

 

Captivant et immuable au moment du bivouac, le feu ressource et captive. C'est un moment rare où l'on arrête de courir après le temps. « Ne pas se presser pour ne pas être frustré » résume aussi l'esprit raider.

Durant cet instant privilégié de partages et d'échanges, les discussions vont bon train. A la fois poète, philosophe ou simplement heureux, certains refont le monde en sirotant une eau chaude faite de tisane, de miel et d’alcool de prunes (recette apprise à l'école Fifi).

 

Peu à peu une saine fatigue vous envahit, un silence total et assourdissant s'installe. La nuit s'annonce glaciale sous le ciel parfaitement étoilé.

 

Si ces moments magiques plaisent, le simple voyageur devient un(e) raider(euse).

 

Dormir au bivouac

 

La encore, quelques fous rire sont au rendez-vous. Où est son pyjama, sa brosse à dents ou sa bouteille d'eau. De quel côté est l'entrée du sac de couchage. La frontale montre des signes de faiblesse, où sont les piles de rechange ?

 

Après une bonne demie heure à se débattre et à se contorsionner, la position horizontale est enfin trouvée… Mais il fait souvent trop chaud sous la tente ou dans le véhicule, « on étouffe là dedans ». C'est normal, mais ce n'est pas tout. Il faudra bientôt tout recommencer car une petite envie pressante oblige à retrouver ses chaussures et sa polaire ! Bon courage.

 

Ainsi se déroule un raid en 4x4. Le retour sur le bitume est vécu comme une sensation de rouler sur de la moquette. Quelques heures plus tard, c'est une vraie douche qui fait retrouver ses réflexes de vie moderne et son confort associé. L'ouverture de sa boîte aux lettres ramène vite à la réalité.

 

Un merveilleux film va suivre, des images réapparaissent, l'ambiance du bivouac ne tarde pas à manquer, cette sensation d'espace et de liberté.

 

Egypte, petit raid en famille

Souvenir du 25 janvier 2011, jour de la liberation populaire du pays

Article paru dans TLC Mag n° 36 en 2011

 

l'Egypte a connu en ce début d'année 2011 quelques perturbations très localisées, il n'en est rien pour ses déserts qui sont restés intacts et bien loin des préoccupations géopolitiques. Raison de plus pour aller redécouvrir l'un de ces espaces infinis qui ne ressemble à aucun autre. Bienvenue dans le désert El Fayoum.

 

Pour ce périple familial, deux touaregs attendent leurs hôtes à une station service aux portes du désert, à une heure de route au sud ouest du Caire. Deux 4x4 Toyota sont fin prêts, un vieil HJ61 et un HZJ78 flambant neuf. Ils sont largement chargés pour 2 jours d'autonomie. Tout le monde piaffe d’impatience, moteur.

 

L'ambiance à bord du 61 est irréelle. Comme une machine à remonter le temps, ce Land Cruiser arbore fièrement ses centaines de milliers de kilomètres de pistes. Son moteur essence est le 6 cylindres 3F réputé increvable. Le chauffeur ne sait plus combien de kilomètres a sa monture car le compteur s’est arrêté il y a deux ans... à 640.000 km ! Il roule encore à vive allure et se joue des passages dans le mou. A la première difficulté, il ne bloque qu'un seul demi train avant, attendant de s’ensabler complètement pour enclencher le second et enfin dégonfler ses pneus. Pas besoin de plaque, ni de sangle, les raideurs en herbe sont mis à contribution. Ils poussent alors que le chauffeur donne de grands coups de volant pour trouver un peu d'adhérence. Peu à peu il progresse et se sort du mauvais pas…

Le 78 est lourdement chargé. Équipé en 7 places pour le plus grand plaisir des enfants, ce vrai Toy indémodable emporte sur sa galerie, des tapis pour le bivouac, une dizaine de tentes biplaces, une douzaine de matelas, des sacs de couchage, des coussins, et une vraie table basse en bois.

 

Les paysages de ce désert sont superbes et d'une blancheur incroyable. Après un passage au lac Karoun le raid se poursuite par la visite, à Wadi El Hitan, de la fascinante "vallée des baleines » classée par l'UNESCO au patrimoine mondial pour son abondance de squelettes de baleine fossilisés. Découvert un peu plus de cent ans auparavant, il est le plus important site au monde à démontrer l'évolution des baleines à partir d'un terrain à existence marine.

 

Après une journée bien remplie la caravane s'arrête au milieu des dunes pour un bivouac de rêve. Les enfants découvrent les joies de la glisse sur des pelles à neige ou un vieux surf en bois trouvé au fond du coffre du 61. Roulades et éclats de rire s'en suivent. Les deux touareg se livrent à leurs rituels… immuables et hors d’âge. Les deux Land Cruiser sont positionnés en équerre pour protéger du vent ; tapis, table basse et coussins sont installés pour plus de confort. Parmi toutes leurs astuces, une ampoule 12 volts au bout d’un simple bâton sert d’éclairage d’ambiance.

Le dîner est préparé avec minutie. Des cuisses de poulet ont été enveloppées une à une en papillote pour une meilleure cuisson dans les braises. Le tajine est servi, tout le monde se régale.

 

La soirée s'achève autour du feu de bois, le temps s'arrête. Les discussions avec les touareg vont bon train. Politique, éducation et avenir sont abordés avec simplicité et bon sens. Au milieu de la nuit, c'est sous un ciel maculé d'étoiles que les raiders s'endorment le cœur léger, impatients de découvrir le programme du lendemain. Nul doute que leur 4x4 les y emmèneront avec plaisir, ces Toy aiment les dunes.

 

Conseils de touareg

"Récit de mon ami Frédéric, à la suite d'un périple en Libye en compagnie de guides locaux. Son récit sur les Touareg est dédié aux raiders purs et durs. Bluffant. Mais si pour vous Libye rime avec peintures rupestres, cet article n'est pas fait pour vous !"

 

Si les Touareg sont bien les descendants berbères et habitants ancestraux des lieux, ils sont également des personnages merveilleux et de grands enfants extrêmement attachants. Ils sont droits et honnêtes, malins et ont un tas de choses à nous apprendre. Ils connaissent le désert comme leur poche et ne s'encombrent pas de cartes et encore moins de GPS.

 

Leur approche d'un raid en 4x4 n'est pas tout à fait la même que la nôtre. Détails.

 

Le véhicule, un Toy 60 essence (moteur 4F) "préparé"

 

La préparation de leur véhicule mettrait sur la paille bon nombre de professionnels du 4x4… Plus simples et moins chères, « y a pas ! » Leurs astuces sont elles bonnes à mémoriser, elles sont atemporelles. Sortez vos blocs notes.

 

Le réservoir supplémentaire est constitué d'une série de jerricans amarrés sur une galerie de fortune. Ils sont posés en incliné sur un madrier de bois afin d'éviter les fuites. Ils sont fermés avec des bouchons à étriers étanchéifiés au moyen de sacs en plastique de toutes les couleurs. Ainsi, 250 lites d'essence sont prêts à rejoindre le réservoir principal.  Les 140 litres d'eau se répartissent dans le véhicule. Notez la vache à eau humidifiée qui pend le long du véhicule, sans doute le frigo le moins cher qui soit !

Il y a encore de la place pour 50 kg de bagages, la cuisine, le bois, la réserve de nourriture, les matelas, les couvertures, les tentes, les gandouras et autres kouakouas (ndlr : mot qui veut dire bidouilles diverses, affaires en tous genres, et autres équipements inutiles donc indispensables).

 

Bien qu'indestructible, tout à bord a été bidouillé sans exception. Les lames de ressorts sont renforcées par du fil de fer et des lanières de chambres à air tendues et nouées. Au chapitre des accessoires qui ne servent jamais, notons le tachymètre, les trois rétroviseurs, les freins, le frein à main, la radio, les essuie-glaces, le pare-soleil, etc … Les phares ne servent qu'à éclairer le bivouac. La lune et les étoiles éclairent le reste et suffisamment le sable et les pistes lorsqu'il faut rouler de nuit. Les morceaux d'une vieille cassette audio sont extirpés de l'auto-radio au moyen d'un démonte pneus, EJECT local !

 

La conduite TT

 

La technique est simple : 4x2, longues, ponts laissés libres, moteur entre 1.000 et 2.000 tours en limite de calage de troisième, pneus sur-gonflés à 2,5 kg, et ça passe quasi partout. En situation contrariante, par exemple si un copain enfonce à mi-tibias sans bouger dans le sable, le chauffeur sort, fait le tour de sa portière, verrouille uniquement sa roue avant gauche et remonte dans son véhicule. Non, il n'est pas en 4x3, mais pourquoi se donner plus de mal et faire le tour du capot ou marcher jusqu'à la roue avant droite… alors que 20 mètres plus loin, il faudra à nouveau refaire les mêmes détours inutiles.

 

En cas de gros plantage, les courtes sont tout de même de rigueur, les pneus dégonflés à 1 kg, première, 4.000 tours, et en avant les watts. Les copains poussent également pour sortir.

La nav'.


Les Touareg communiquent entre eux au travers des « codes » spéciaux qu'eux seuls savent lire. Le sol du désert est jonché de panneaux indicateurs, kerns, cailloux, bâtons, peaux de moutons, traces de pneus… rien n'est placé au hasard, ils indiquent tous quelque chose. Par exemple, deux petits bâtons plantés dans le sol ont indiqué à nos visiteurs du charbon de bois enfoui dans le sable 10 mètres plus au sud. Il avait été caché par de précédents locataires.

Cela s'appelle le journal du sol.

 

Le plein d'essence = un grand moment. Ici la pompe FACET cède sa place à un tuyau pour siphonner, une bouteille en plastique en qualité d'entonnoir et un filet à oignons rouge en guise de filtre RACOR ! L'opération consiste à décrocher le tuyau enroulé sur le toit du véhicule, l'assouplir, le détendre et lorsqu'il est à peu près droit, souffler dedans pour en évacuer une quantité impressionnante de sable. Ensuite et après avoir aspiré le précieux liquide, une extrémité est plongée dans un jerrycan et l'autre dans l'entonnoir muni de son filet à oignons. Le carburateur, gros comme un ballon de foot, digère tout sans broncher. On est loin du « commom rail » !

 

Les changements de roues et la réparation d'un pneu


On fait avec les moyens du bord et les outils disponibles. Un vieux cric bouteille, encore d'origine, est très utile. Il ne fonctionne qu'à mi-course après que l'on ait tapé dessus avec une hache, afin de débloquer le pivot autorisant la mise en pression. La voiture monte… un peu. Une cale permet d'éviter qu'elle ne redescende. Nouveau pompage et ainsi de suite, l'opération est renouvelée plusieurs fois. Lorsque la cale s'est trop enfoncée dans le sol, les touaregs creusent le sable sous la roue pour la dégager plutôt que d'essayer de la déplanter.


Les deux roues de secours sont absolument lisses à la limite de la ficelle. Celles-ci sont très pratiques pour la conduite sur sable très mou. Pour regonfler, notre moderne compresseur est ici remplacé par un tuyau vissé à la place de la première bougie et dans la valve de la chambre à air. La pression du moteur permet de regonfler une roue en quelques minutes. Facile, simple mais d'une efficacité aléatoire. C'est l'Afrique Patron.

 

Des astuces comme celles-ci, les Touareg en connaissent des centaines. Vivre à leurs côtés, quelques jours, à leur rythme, est un retour aux sources incontestable que l'on ne regrette jamais.

 

Rêve de bac à sable avec IMAGINE

Extrait de l'article paru dans Action 4x4 n°115 de 2014

 

Si le pilotage dans le sable vous prend aux tripes, alors vous comprendrez ce qu'il y a derrière ces modestes lignes.

 

Rendez-vous est donné un samedi matin d'automne sur le port de Marseille pour embarquer sur le Casanova. Il n' y a que des raiders et leur 4x4. Touts sont chargés de victuailles, "solide et liquide". Les autos sont propres, équipés et préparés aux petits oignons.

Toutes les marques 4x4 ou presque sont représentées. Un salon du tout-terrain grandeur nature. Des Jeep aux prépas extrêmes, Mercedes G, H3, Land Rover sortis d'un autre âge, Isuzu, Mitsu, Patrol, et Toy de toutes les séries. Tous fument de joie, bien loin des restrictions de CO2 ! Une véritable effervescence règne autour des organisateurs. Rien ne manque, tickets de la traversée, t-shirts et les indispensables autocollants aux logos des agences. Certains vieux copains se retrouvent comme s'ils s'étaient quittés la veille au bivouac. D'autres improvisent une pause saucisson sur le bord de leur capot. Tous les raiders ont le sourire jusqu'aux oreilles. Embarquement.


A bord du Casanova, le staff IMAGINE prend bien soin de ses clients. J'apprécie la "littérature" distribuée sur le bateau. Conseils de conduite, géologie, dynamique des vents et histoire du Sahara. Je sais maintenant pourquoi les dunes ne peuvent excéder les 34° d'inclinaison. Bien vu également, le rappel sur les indispensables commandements du désert, le "que faire en cas de ..." et le "cela n'arrive jamais, mais..." J'ai retenu que de jour un pneu qui brûle, dégage une fumée noire repérable de très loin. Nous voilà rassurés.

 

Le bateau vogue tranquillement jusqu'à Tunis, l'ambiance à bord est décontractée et conviviale. Briefing de l'organisation et chargement des points GPS. Le débarquement s'effectue sans stress, mais quelle lenteur ! Puis direction Tataouine et le bac à sable plus au sud. Excités, chacun peaufine ses derniers détails. Les pleins d'eau et de gasoil sont effectués. Les VHF planquées du fond des sacs sortent du silence.  Les raiders sont maintenant impatients. Ils ne sont pas venus pour enfiler des perles mais pour dégonfler leurs pneus à 1kg.

 

Mes impressions sur ce raid tunisien se résument en quelques mots : sécurité, autonomie, plaisir de conduite, convivialité et amitié.

 

Sécurité
L'encadrement est assuré par un véhicule ouvreur, une libellule, un Saint Bernard mécano et un toubib. Soit quatre véhicules, c'est du sérieux.

 

Autonomie
N'allez pas à ce raid pour jouer au petit train dans les traces du moniteur qui est devant vous car... il est déjà très loin ! Étonnant. Son rôle est de s'assurer que le roadbook est praticable, de nous attendre aux points de rassemblement, et de porter assistance à la tête du convoi. La maîtrise du GPS est indispensable pour arriver à l'heure de l'apéro ou pour espérer planter sa tente avant la tombée de la nuit.

 

Aussi, il est fortement conseillé de savoir se "déplanter" seul. Pas d'inquiétude car les retardataires sont vite pris en charge par les copains et l'organisation. RAS. A noter que les pelles, manilles, sangles et Kinetic ont bien servi. C'est cela l'esprit raider.

 

Le premier bivouac est arrosé d'un apéro mémorable concocté par l'ami Daniel, bravo. Les cinq nuits consécutives passées dans les dunes sont un vrai bonheur. Regroupés et jamais isolés, nous partageons feux de camp, bonnes blagues et bons petits plats sans oublier le Muscat royal de l'ami Claude (CAVE BALTA sous le soleil de Frontignan).

 

Comme d'habitude, chacun a sa propre méthode pour gérer l'intendance et son hygiène corporelle. Ce qui est source de bonne humeur et de franches rigolades.

 

Plaisir de conduite

Mission réussie pour ce raid, nous avons "bouffé" du sable à gogo. Incontestablement, le pilotage dans le sable procure des sensations extraordinaires. Adrénaline et concentration ont été au rendez-vous. Mon palpitant a parfois frôlé la zone rouge, mais très vite on retrouve ses réflexes. La conduite dans le sable ne s'oublie pas, elle se perfectionne à chaque fois. "Pour franchir une dune, la puissance ne sert à rien, il faut chercher l'adhérence"... facile à dire. Puis on se plaît à glisser dans une descente vertigineuse, ou à se sortir d'un tankage...

 

A propos des plantages, il y en a eu beaucoup car certains n'avaient jamais conduit dans le sable. J'avoue avoir été assez impressionné par ces nouveaux raiders qui ont vite assimilé les basiques de ce pilotage si particulier.

Notons la présence d'un escorte de militaires, imposée pour circuler dans le grand sud tunisien. Même les habitués ont connu des plantages...


Je me souviens d'une grosse galère, suite à une dune qui s'est effondrée sous mes roues. A l'image d'une "plaque à vent" que l'on rencontre en montagne. Je suis parti en luge latérale pour finir au fond d'un trou très mou, tanké jusqu'aux phares. Résultat : deux heures de travaux forcés, une super entre-aide et un véhicule qu'il a fallu tracter à la sangle, d'une dune à l'autre, sans frein ni direction, jusqu’au bivouac.  Le tout bien sûr à la nuit tombée car la bête n'avait plus envie de démarrer. Un moment très fort et des souvenirs pour longtemps.

 

Convivialité
Encore un très bon point pour ce raid. Tous unis dans la galère ou le vent de sable, l'entraide et la solidarité ont vite soudé le groupe. Le désert est une école d'humilité et le plantage guette chacun d'entre nous, quelque soit son niveau de pilotage ou de nav'. Partage et bonheur ont été au rendez-vous. Ce raid m'a permis de rencontrer des raiders extras et des familles animées par la même passion. A noter la présence de nombreux enfants, chapeau à eux. Venus pour vivre autrement quelques jours de vacances, par goût de l'aventure, ces petits aventuriers ont vite oublié le quotidien et leurs devoirs d'école.


Saint Exupéry peut dormir tranquille, son Petit Prince accompagne toujours les aventuriers à la quête de roses des sables, de dunes féériques et de nuits étoilées.

 

 Hommage aux raideuses

Raid au féminin

 

Les raids en 4x4 sont propices à la mixité et les aventurières sont de plus en plus nombreuses à tenter l'expérience. Mieux, elles font preuve de qualités redoutables et de capacités d'adaptation exceptionnelles.

 

Leur soif de dépassement de soi est aujourd'hui incarnée par de nombreux évènements tout-terrain. Le nouveau Raid Salama, le Trophée Roses des sables, et le fameux Rallye Aïcha des Gazelles qui est une aventure internationale et humaine unique en son genre. "C'est un Rallye Raid 100% féminin. Depuis 1990, il rassemble des femmes de 18 à 65 ans et de 33 nationalités différentes dans le désert Marocain. Il faut du talent, de la détermination, du courage, de la solidarité et le sens du partage pour venir participer à cet évènement."

 

Machos. Les mauvaises langues disent qu'elles ne savent pas lire une carte, que leur sens de l'orientation est approximatif ou qu'elles saisissent leurs points GPS à l'envers. Mais ne tombons pas dans ces clichés idiots.

Bien sûr, toutes ne peuvent participer à des rallyes raids ou à des compétitions. Aussi, leur participation à des raids 4x4 est en hausse constante. De la simple passagère attendrie à la meneuse d'une manoeuvre d'un gros plantage, elles savent égailler nos escapades de la plus belle manière. Et avec le sourire SVP.

 


Créatives, calmes ou motivées, ces femmes ont ce petit plus qui fait tout leur charme. Nous sommes bien loin des idées reçues et bon nombre d'hommes de salon ne supporteraient pas le dixième de ce qu'elles endurent.

"Je les ai vu pelleter, changer un amortisseur, râler contre un road book ou pleurer à l'arrivée d'une étape. Bonnes pilotes et jamais rancunières, certaines tolèrent même leur mari dans le baquet de droite !"


Elles savent aussi prendre sur elles et vont jusqu'au bout, souvent avec douceur et détermination. Elles partagent en toute simplicité et sans complexe des moments féeriques, sportifs et conviviaux.

En un mot, elles adoucissent un temps l'image du 4x4 moderne dont les détracteurs sont toujours aussi nombreux.

Alors Mesdames, réveillez l'aventurière qui sommeille en vous et conduisez un 4x4.

 

 

Raid SALAMA 100% féminin

 

"Pouvoir conduire un 4X4 sur les pistes marocaines semble toujours un privilège réservé aux hommes ou à une petite caste de femmes habituées à se lancer dans des aventures sportives sans considération de sexe. Pour combattre cette image un peu virile que l'on veut bien coller à l'esprit raid, a germé peu à peu l'idée d'organiser un raid 4x4 marocain uniquement réservé aux femmes », le raid Salama.

 

Les femmes aiment l'aventure et le 4x4 de surcroît ! Un grand BRAVO à Patricia MATHYS, organisatrice de ce RAID SALAMA qui a été une grande réussite. Le but n'étant pas de créer une course calquée sur le prestigieux Rallye Aïcha des Gazelles ou le Trophée Rose des Sables mais d'organiser une balade 4x4 touristique entre filles, en empruntant des pistes accessibles à toutes. En toute simplicité et sans complexe.

 

Les participantes s'étant très vite manifestées, l'équipe fût vite au complet. C'est ainsi que le petit groupe composé de filles issues des quatre coins de France allait se retrouver à Marrakech. Le tracé des différentes étapes regorge de décors magnifiques aux couleurs chatoyantes et contrastées régalant les rétines. C’est avec gourmandise que les équipages avalent les kilomètres, avides de découvrir d'autres paysages merveilleux. Elles ont été émerveillées et conquises par tous ces panoramas grandioses aux couleurs «Haute Définition» se succédant au gré des kilomètres. Cirques époustouflants et plaines désertiques s'étendent jusqu’à l’horizon. Ces dunes de sable fluides et majestueuses, ces djebels encadrant fièrement de grands plateaux arides, ces oasis merveilleux évoquant bien être et fraicheur, le tout sur un fond d'Atlas enneigé offrant un arrière plan de toute beauté à ce décor hors du commun.

 

Tout au long du périple, c'est l'esprit d'entraide qui prime. Vivre ensemble des moments magiques et chargés d'émotions participe à la cohésion du groupe. Chaque jour apporte son lot de surprises, ses petites galères, ses moments de convivialité, ses fous-rires et la complicité tant attendue et chaque soir autour d'un bon tajine les filles relate les péripéties de la journée avec cette touche féminine qui seyait à toutes.

 

Le bilan de cette aventure s'est soldé par un enthousiasme général très largement traduit dans les témoignages reçus au retour. Les filles ont été ravies d'avoir participé à ce raid et si elles avaient quelques appréhensions au départ, celles-ci ont été bien vite balayées. Elles ont pu se laisser aller et vivre pleinement cet événement qui comptera longtemps dans leur vie de femme. Elles ont trouvé ce qu'elles étaient venues chercher : la magie du désert et son parfum d'aventure, ce sentiment de liberté tant décrit par les amoureux des grands espaces qui balaie d'un coup de baguette magique tous les soucis et tracas quotidiens, laissant la place à une douce quiétude.

 

Renforcées par cette expérience, les participantes ont gagné en assurance mais gardent une petite nostalgie au fond d'elles. La magie du désert portera à jamais ses marques.

 

« C'est sûr nous recommencerons. Les filles ont été très sérieuses et beaucoup plus disciplinées que les hommes ! Leur ténacité et leur volonté d'apprendre ont permis de faire de très belles étapes. Au final, il suffit de voir dans le regard brillant des filles et leur sourire éclatant que l'objectif a été atteint. Elles sont rentrées vivifiées, plus fortes, et sans aucun doute enrichies par cette expérience. Chacune étant touchée à sa manière par un lot inattendu de sensations et d'émotions. Leurs rires et leurs yeux ébahis ont été tout au long de ce raid une récompense et un remerciement... »

 

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