24 Heures Tout-Terrain de France 2014

Parce que les Toy n’abandonnent jamais !

Photos :  Nicolas Mailfait (journaldu4x4.com), Romain Vaudaux, Hervé Parent

Article paru dans Toyota Land Cruiser Magazine n°7 de février 2015

 

Après le joyeux bain de boue de l’année dernière, les Toy de cette 22eme édition espéraient de meilleures conditions météo. Ils ont été entendus. Oublié le bain de boue liquide. Ignorant l’irrésistible ascension des buggys et l’apparition des SSV, les Land Cruiser ont répondus présents à la Fédération Française du Sport Automobile qui a décidé de (re)mettre les vrais 4x4 à l’honneur. A l’issue des essais qualificatifs, ce sont 64 véhicules et 220 pilotes qui se lancent dans l’arène. Comme à leur habitude, les Toy ne se sont pas ménagés et ont surmonté maintes galères pour mener leurs pilotes jusqu’au drapeau à damier…

 

Le 95 du Team ETRUSCAN préparé par HAKKEN RAID

 

22 v’la les Toy. Représentant un tiers du plateau des T2 (véhicules proches de la série), les Toyota sont la marque la plus représentée. Avec sept Toy au départ et sept Toy à l’arrivée, c’est un carton plein à 100%.

 

Fort de 127 tours, le Toyota KZJ 95 n°94 du Team Etruscan et piloté par Luca Corvaja, Bruno Sandrini et Patrick Paronneau est le mieux classé des Toy. Mieux, il remporte la catégorie T2B+. Sa course ne fût pas un long fleuve tranquille. Durant la journée de samedi, les pilotes souffrent de la chaleur, Luca avoue même avoir été victime d’un début de déshydratation. Abasourdi, il part à la faute, coupe un virage et fait un saut par-dessus le talus de sécurité. Son passager n’est pas prêt d’oublier cette dérobade… Plus de peur que de mal, Luca emprunte une piste tracée pour les commissaires avant de rejoindre la piste principale. Il n’est pas question de s’arrêter. Les tours s’enchaînent non-stop à un rythme d’enfer. Mais vers minuit, le Land Cruiser rencontre des problèmes d’alimentation en carburant. Fichue durite ! Après une heure d’arrêt au stand, le Toyota repart et tourne ensuite comme une horloge. En fin de course, nouvelle galère, trois amortisseurs avant sur quatre sont cassés. Est-ce la faute à des tiges trop longues qui ont détérioré prématurément les amortisseurs ? Malheureusement, cette panne oblige le team Etruscan à lever le pied. Le Toy termine sur les ressorts et va mettre 30 minutes pour boucler ses deux tours.

 

Luca est satisfait de sa course et pense déjà à 2015. En puriste, il est venu par la route avec son Land Cruiser, il repart par la route avec sa monture. Tout comme en 2003, lors de sa première participation au volant d’un KZJ73. Une belle histoire pour ce passionné de Toy.

 

Autres galères. Celles d’un autre Toyota série 9, le n° 29 du Team Buddies. François Chabert dirige le Team Buddies, lequel engage un classe T2 pour Christophe Fay, Nicolas Burgault et Franck Lormail. « Ce Toyota va voir la piste pour la première fois, il y aura nécessairement une période de rodage durant les premières heures ! En outre, on a un souci de radio, on va donc faire du panneautage à l’ancienne avec le stand ! » Les habitués le savent, c’est souvent dans la nuit que se joue l’issue de la course. Même si les barres à LED embrasent le terrain, le relief de la piste change. Les repères se perdent. Le rythme semble s’accélérer et la fatigue gagne les pilotes. Les Toy sont mis à rude épreuve et souffrent. Les pièges se multiplient. Des pièces mécaniques perdues par les concurrents jonchent le fond des trous. Comme ses confrères, ce Toy va multiplier les arrêts au stand, mais franchi la ligne d’arrivée in extremis. Il est classé.

 

Et que dire du valeureux KZJ73 n°66 couleur orange fluo du Team Le Mans 4x4 Aventures. Piloté par Jean-François Gouhier, Christophe Gaultier, Marc Jourdan et Marc Philippe, le bolide n'a pas été épargné par les pépins mécaniques tout au long de l'épreuve. Durant les essais, l’un des pilotes part en tonneau. Le Toy est solide et ne bronche pas. Avec sept rallyes de Tunisie au compteur, il en a vu d’autres. Fort d’une efficace préparation d’origine Denis Mathiot Compétition, le KZ occupe les premières places en début de course. Vers minuit, le turbo donne des signes de faiblesses, puis ce sont des problèmes de direction qui vont à nouveau le ralentir. A 4 heures du matin les choses se compliquent car les arbres de transmission arrière sont cassés. « La piste est trop cassante pour nos autos » avoue Jean-François. Les mécanos redoublent d’efforts. Ils modifient les planétaires et satellites de la transmission. Dans la matinée, le KZ repart en deux roues motrices et finit la course à une très honorable 4ème place dans sa catégorie.

 

Ces récits nous rappellent que les 24 Heures ne sont pas une ballade de santé. L’Organisation souligne que « participer à cette épreuve contre le temps représente un véritable défi sportif, mécanique et humain. Pour gagner il faut être le concurrent le plus rapide, le plus fiable, le plus régulier, et le plus humble face aux règles même de l’endurance. Les pilotes doivent être des amateurs passionnés que l'on reconnait par leur parfaite maîtrise à se prendre au jeu de la compétition sans jamais se prendre la tête ». Merci Jean-Louis !

 

Mon Dakar du coeur 2013

Mon Dakar du cœur : 100% sincérité, 100% générosité, 0% arrière pensée

 

Ce projet fait oublier la crise dont tous ces messieurs-dames nous rabattent les oreilles et dans laquelle on a exclu les mots : entreprendre, prise de risque, responsabilité et engagement de la personne humaine. Oui ces valeurs existent encore.
Des prénoms d'enfants, un arbre de vie… mais pas une seule marque présente sur le 4x4 d'Alain Michoulier, pilote et porteur de l'opération « Mon Dakar du cœur ». En donnant le maximum pour atteindre Santiago, il compte communiquer sa volonté à de jeunes malades du cancer, pour les aider dans leur combat pour la vie.

 

Un des objectifs majeur de « Mon Dakar du Coeur » est d’ouvrir une fenêtre sur le monde extérieur lorsque les murs de l’hôpital envahissent la vie du malade. La participation de l’équipage Alain Michoulier – Bruno Seillet sur un Toyota KDJ 95 de 10  ans d’âge a pour volonté, parallèlement à la course, d’animer durant 4 mois, la vie d’enfants atteints du cancer soignés à l’Institut d’Hématologie et d’Oncologie Pédiatrique situé au sein du centre Léon Bérard à Lyon.`

 

Alain Michoulier évolue à contre-courant, et pratique le contre-pied. Son Dakar n'est pas seulement un défi, mais bien un message. A tous les étages de son projet, on peut lire un mode de pensée qui remet en question les pratiques habituelles : « sachant que je n'ai pas un budget qui me permet d'aller voir un préparateur pour y choisir une voiture, je me suis dit que j'allais remplacer l'argent par mon énergie personnelle... Je fais un parallèle entre le défi sportif que je me lance, et celui que tous ces enfants doivent relever lorsqu'ils sont confrontés à des difficultés, à des souffrances de tous ordres. Leur ligne d'arrivée à eux, c'est la guérison. Je sais que de mon côté, avec la voiture que j'ai, je vais en baver et arriver le soir à pas d'heure ! Mais je n'ai pas le droit d'abandonner », explique Alain, qui dévoile ici toute l'âme de sa démarche. La cohérence et la probité du projet se retrouvent jusque dans son financement, monté selon un principe éthique aussi strict que déroutant : « je n'ai pas voulu de sponsors, mais uniquement des mécènes. Je ne veux pas qu'il y ait un gramme de business dans ce projet, aucune entreprise n'aura un autocollant sur ma voiture. Tous ceux qui ont donné l'ont fait avec le cœur. Et je peux vous dire que la fibre généreuse des gens existe bel et bien ».

 

Alain à propos du Dakar:

« … cette grande dame charmeuse et capricieuse qui se nomme « Dakar ». Des années qu’elle me fascine ! Ses images, ses exploits, ses drames, ses rires, ses pleurs, ses gueules épuisées, en 2 mots: sa beauté! et voilà que je décide d’aller la courtiser, la séduire, la provoquer aussi, elle, si belle du haut de toutes ses années. Elle va m’aimer, c’est sûr! Tant d'années que je la lis, que je la regarde, que j’en rêve jour et nuit. Elle s’appelle Dakar, elle me plaît. Je rencontre la terre entière pour annoncer la bonne nouvelle; personne ne reste insensible à mon histoire amoureuse: bravo, oui vas-y, on te soutient ! J’ai raison dans ma démarche imprudente. Rien ni personne ne m’arrêtera. Je veux en découdre avec elle ; son caractère trempé et capricieux m’excite. Je veux la conquérir et même plus, la dominer. Sûr de mes forces , je décide de partager ce Graal. »

 

24 Heures Tout-Terrain de France 2012

24H 2012, les Toy de la 20ème

Photos officielles DesertRunner

Victoire en catégorie T1B du KDJ95 de Passemard - Cuisinier - Combier - Hervé, avec 123 tours au compteur !


Les 24h 4x4 de France, c'est assurément une épreuve mythique qui attire son public inconditionnel, qu'on soit derrière le volant ou derrière les barrières... En 2012, les "24 Heures" ont fêté leurs 20 ans. Vingt ans que les Toyota font bonne figure puisque la première édition de 1993 fût remportée par un Land Cruiser, un KZJ73 piloté par l'ami Yves TRATARIN, Hubert RIGAL et Jean-Jacques RATET.

 

En 2012, les performances des véhicules buggys tubulaires forts de plus de 300 chevaux font passer la compétition dans une autre dimension. Les Toy ne pouvant suivre la cadence infernale compensent par leur inoxidable fiabilité. Ils jouent la régularité et finissent toujours par de très belles performances, à l'image du KDJ95 de Passemard qui termine 17ème au général et 1er 4x4. Une sacrée Perf !

 

Sur les 12 Toy au départ, 9 franchissent la ligne d'arrivée. Les 95 sont à la fête avec une belle seconde place pour le team CAP FOURNIER "père et fils", accompagnés du fidèle Jean-Jacques DEVERLY. Ils bouclent 117 tours... et sont 24ème au général. La persévérance est payante pour cette équipe qui remporte le Trophée 4x4 de l'année sur le Championnat de France d'Endurance.

 

Le troisième Toy est le KDJ120 de l'équipage Fockennier - Dussin - Grocq, classé en catégorie T2. Ils finissent à la 30ème place avec 114 tours.  Leur secret, aucun arrêt pour cause de mécanique. Un Toy réputé... costaud et performant !

 

 

 

Les 24 Heures Tout Terrain de France en chiffres : plus de 100 véhicules de course totalisant 18.500 cv, 400 pilotes et 8 pays représentés, 1.200 mécaniciens, 1.440 minutes de course et 1.600 km parcourus, 800 m de stands, un tracé de 10 km sur 20 m de large.

 

Rallye Aicha des Gazelles 2012

Toy, gazelles et Troca

 

C’est dans la perte des repères que les Gazelles retrouvent leurs vraies valeurs.

Être libre, choisir sa route telle est notre conception de l'aventure. De plus, le concept du Rallye est unique : « pour le gagner, il faut faire le moins de kilomètres ».

 

"Au volant de leur 4x4, il n'y a pas que les garçons qui s'éclatent ! Les filles aussi aiment barouder. Cette année, l'organisation fait un carton plein avec 150 équipes donc 300 gazelles et 22 nationalités différentes. Pourquoi un tel engouement ? C'est un rallye qui prend le temps de traverser le Maroc en le respectant, il ne s'agit pas d'une course de vitesse mais d'une course d'orientation et d'écoconduite, il existe une entraide entre les gazelles qui n'existe pas chez les garçons, un esprit différent de celui un brin macho des rallyes-raids..."

 

Les gazelles savent également apprécier les Toy, la panoplie était complète. Un FJ Cruiser venu spécialement d'Outre Atlantique ; des LJ, KDJ, KZJ, HDJ et HZJ en nombre et forts bien décorés. Bravo les Miss.

 

Parties cette année du Trocadéro, les gazelles étaient à la fête. Amis, enfants, familles, sponsors et curieux se croisaient dans la bonne humeur. De rose vêtues, ces "super nanas" posaient fièrement devant leur 4x4. Malgré quelques SUV catalysés, le gros de la troupe restait encore de bon vieux châssis échelle équipés de gros pneus... et de solides pare-chocs !

C'est fou comme un rassemblement de 4x4 pilotés par des filles deviendrait presque écologique. De quoi clouer le bec aux écolos. Comme quoi, tout est une question de forme.

 

Bravo à Dominique SERRA et son équipe

 

Assistance rapide sur le DAKAR 2011

Le 95 d'assistance du Team LARDEAU COMPETITION

Photos d'Arnaud DELMAS MARSALLET

 

En compétition l'assistance est absolument indispensable et c'est pour cette raison que sur chaque rallye, le Team Lardeau Compétition propose une équipe d'assistance répartie entre 4x4 et camion. T L C engage 4 Voitures de compétition (3 Toyota Land Cruiser 120 en categorie T2 et un Land cruiser 95 en catégorie T1) + 1 camion 6x6 (Mercedes) d'assistance + 1 voiture d'assistance (Toyota Land Cruiser SW105) pour ce Dakar 2011.

 

Le Land Cruiser T1 est piloté par Yves TARTARIN et co-piloté par Matthieu BOUTET.

 

DAKAR 2011 - TLC - voiture d'assistance (Toyota Land Cruiser SW105)

 

Eco conduite sur le Rallye Aicha des Gazelles

Retour sur l’édition 2011 du Rallye Aïcha des Gazelles

 

 

Un rallye résolument tourné vers l’avenir. Pour la seconde année consécutive, une initiative est venue pimenter le classement final, puisque les gazelles ont également été mesurées sur des critères d’éco-conduite. Afin de les sensibiliser à mieux réguler leur conduite et ainsi réduire les émissions de CO2, un dispositif  a été mis en place permettant de pondérer le kilométrage total effectué par les équipages lors des étapes. Les 4x4 ont en effet été équipés du boîtier électronique appelé EMO, permettant aux gazelles de suivre au quotidien les efforts réalisés en terme d’éco-conduite, pour une réduction des émissions de CO2 émises par leur véhicule et de leur empreinte carbone.

 

Pierre-Louis rappelle les fondamentaux de la conduite en tout terrain


« Nous avons du adapter nos algorithmes de calcul pour les rendre plus réalistes dans un contexte d’utilisation lié au 4x4 et à la conduite tout-terrain.

C’est ainsi que quotidiennement, nous leur avons donné des conseils pour mieux anticiper, gérer certaines situations de franchissement et ainsi respecter la mécanique et l’environnement. Car l’éco-conduite est avant tout une question de bon sens. Enfin, nous avons pensé aux équipes techniques qui interviennent en assistance mécanique sur le terrain ou au bivouac. Le boîtier peut se déconnecter afin de brancher la valise test sur le véhicule. Cette coupure est enregistrée et est ensuite intégrée dans le mode de calcul pour ne pas pénaliser ou avantager l’équipage. »


« Les gazelles se sont vraiment prises au jeu et ont réalisé en quelques jours des progrès considérables. Nous avons même été étonnés de l’engouement de la part de certaines., Même les sports mécaniques peuvent être éco-responsables ! », explique Pierre-Louis QUEMIN, Consultant chez Logica, en charge de la coordination du dispositif EMO durant le rallye.

 

24 Heures Tout-Terrain de France 2011

La plus belle figure revient à l'HDJ80 du team LANDANGER - RYAUX - BERNARD, ils terminent tout de même 36ème au général

 

Source photos : Jacques DEVISME et DESERT RUNNER

 

Une fois de plus, les Toy du "cru 2011" n'ont pas démérité. Ils sont sur tous les podiums dans leur catégorie. En T1B (4x4 préparés), le KDJ95 du team RUY COMPETITION s'octroie la troisième place avec 109 tours bouclés. Une préparation simple et solide pour un résultat amplement mérité. Le Toy HJ 45 lui colle le train avec 104 tours (5ème place), bravo à cette équipe.

 

En catégorie T2 (4x4 de série), le KDJ120 n°15 du team GENERATION 4x4 signe à nouveau une belle performance en bouclant 119 tous. Cette première place récompense le sérieux et la régularité de ce team depuis plusieurs années. Roger LEVINE sur son inusable HDJ80 siglé Le Metal Technique monte à la troisième place avec 97 tours. Bravo à tous ces Toy.

 

Belle nouvelle victoire en T2 pour ce KDJ120 - team GENRATION 4x4

 

24 Heures Tout-Terrain de France 2010

Photo de la "Mamy" Toy, un BJ 71,

Elle termine 25ème au général et remporte la catégorie des véhicules historiques

Photos Jacques DEVISME

 

 les Toy ont assuré. Les Toy de cette édition ont réalisé un tir groupé et squattent toutes les places d'honneurs dans les catégories T1B (4x4 préparés) et T2 (4x4 de série). Respectivement les quatre premières places en T2 et les trois premières en T1B. Sur les 18 Toy engagés, 17 terminent la course, un exploit.

 

Coup de coeur pour le T2 KDJ120 du Team GENERATION 4x4 qui remporte la catégorie. Ce trio avait déjà assuré en 2009, aussi cette place de choix est une juste récompense. Une prépa au top et des as du volant, voici un bon début de recette pour s'imposer à Chevannes.


Avec Philippe SIMONIN au volant, l'équipe n°26 était assurée d'aller au bout. Maestro !

 

Mon HEROES LEGEND de 2010

"Une légende au départ, des héros à l'arrivée"

 

Un projet, une belle histoire... Qui n'a jamais rêvé de participer au légendaire Paris-Dakar avec un départ aux pieds de la Tour Eiffel pour finir, 15 jours plus tard, sur les rives du fameux Lac Rose à Dakar ?

 

"Je fais partie de ces amateurs qui ont toujours suivi et rêvé du rallye Paris-Dakar. Deux semaines par an je suis rivé devant mon téléviseur pour ne pas en manquer une miette. Le seul problème pour que je puisse y participer moi-même est l'expérience et surtout un budget démesuré que je n'ai pas. Hors course, abandon ? Très peu pour moi... Je compte en profiter pleinement, y trouver une ambiance placée sous le signe de la convivialité et de l'entraide, suivre un grand moment de sport et vivre un retour aux sources dans l'esprit des premiers Dakar.

 

L'originalité de ce rallye est que chacun peut profiter de sa course, en choisissant son propre rythme, débutant ou plus expérimenté, en équipe ou en solitaire avec n'importe quelle marque et modèle de moto ou de 4x4. Le concept de cette course de régularité est basée sur un équilibre entre navigation, vitesse et endurance. C'est une façon d'appréhender un parcours chronométré off-road placé sous le signe du pilotage, de la régularité et non la vitesse.

 

Pour atteindre cet objectif, j'aurai la chance et le plaisir d'être co-piloté par Pascal Borde, un fort sympathique motard ayant une solide expérience en rallyes-raids (Raids de l'Amitié, Shamrock, Tunisie...). Sportif averti et grand baroudeur, il a parcouru l'Afrique dans tous les sens et de nombreuses fois. Il maîtrise parfaitement la navigation et la lecture du terrain. Notre atout : notre complémentarité et notre volonté d'aller au bout."

 

Récit de la course...

 

Nous sommes allés au bout de notre aventure et l'arrivée au bord du Lac Rose restera un moment inoubliable. Certes le rallye raid n'est pas un sport très écologique mais il apporte beaucoup, nécessite un engagement sans faille, un bon esprit d'équipe et un dépassement de soi quasi permanent. Une erreur de pilotage au milieu de rien se paie cash... Il a fallu déjouer tous les pièges des chotts piégeux, des oueds mous, des dunes sournoises, des ravines imprévues, des pistes cassantes et autres herbes à chameau. Nous avions fait le pari de partir sans assistance  mécanique, aussi nous avons redoublé de concentration pour arriver au bout et ménager notre Toy."

La « Légende des Héros » est un rallye classique de régularité de Paris à Dakar dans l'état d'esprit des premiers Dakar. Plus de 7.000 km de pistes à un rythme plus soutenu que prévu entre le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal. Un bon niveau de pilotage et de navigation est souhaitable pour ne pas trop galérer, les concurrents ne viennent pas pour y faire de la simple figuration.


Les journées furent longues (souvent 12h de pilotage) et il fallait se lever très tôt.

 

"Je me souviens de moments de navigation mémorables, d'un plantage dans un chott boueux mauritanien... très très profond, ou encore de parties de « jardinage » (y compris de nuit) afin de trouver une piste effacée ou un point GPS caché derrière une montagne.


Parfois ce fut plus simple mais aussi angoissant, un cap plein sud durant plus de 80 km sur un lac salé, plat comme une plaque de marbre. Personne à l'horizon pendant de très très longue minutes... Dans ces moments, on se sent tout petit et très seul.

 

Un podium !

 

"Nous n'étions pas venus pour le résultat, nous sommes heureux de notre classement. Cerise sur le gâteau, nous terminons 3éme équipe auto au général, 1ère équipe sans assistance et avons remporté 2 victoires d'étape dans notre catégorie.

 

Je tiens à remercier mon copilote Pascal qui m'a beaucoup appris, ainsi que l'équipe du GARAGE DU HAUT PLATEAU pour la préparation sans faille de mon HDJ80. Il n'a montré aucun signe de faiblesse durant toute la durée du rallye. La préparation effectuée a fait preuve de solidité et de fiabilité. Le Garage du Haut Plateau a donc été un partenaire précieux et a contribué à la réussite de notre projet. Cette équipe confirme son savoir-faire et sa grande expérience dans la préparation de véhicule pour partir à l'Aventure."

 

24 Heures Tout-Terrain de France 2009

La course des 24 heures TT de Paris est l'évènement 4x4 de la rentrée. La fête est toujours aussi belle malgré un plateau restreint (plus de 90 véhicules tout de même). En 2009, le niveau a encore augmenté puisque les meilleurs ont bouclé 150 tours en 23 heures (en raison du second départ de nuit).

 

Les 4x4 T2 (proches de la série) ne peuvent plus prétendre remporter l'épreuve tant le niveau des T1 est impressionnant. Pour autant, les 4x4 se défendent toujours et assurent leur partie du spectacle. Victoire dans la catégorie d'un Pajero Mistubishi (team Hardy) avec 135 tours.

 

Le podium est complété par un ML Mercedes (team Auto Distribution) à l'envoûtante sonorité du V8, puis par un Land Cruiser Toyota KDJ95 (team Correze Avanture). Ce toy est un habitué des lieux, il est toujours aussi efficace. Sa force tranquille fait la différence assurément.

 

La quatrième place est assurée par un KDJ120 orangé préparé par GENERATION 4x4. Une prépa au top qui annonce le meilleur pour les années à venir.

 

La cinquième place revient à un sérieux Patrol indestructible et parfaitement au point, puis un HDJ80 venu de Sibérie, un autre KDJ120 et un vieux BJ série 7.

Ce dernier a parcouru la bagatelle de 113 tours (soit plus de 1.100 km d'enfer quasi non stop). C'est dans les vieux Toy... que l'on s'amuse le plus.

 

24 Heures Tout-Terrain de France 2008

Un Toy foufou

Photo de l'équipage n°12 FOURNIER TEAM TOY : Philippe FOURNIER, Jean-Jacques DEVERLY et Ruy SANTOS

3ème place au général pour ce TOYOTA T2 D avec 110 tours bouclés

 

Jean-Jacques Deverly (Toyota Land Cruiser T2 / Fournier Team Toy). « Nous nous sommes tirés la bourre toute la saison avec un autre Toyota, celui de Nicolas Falloux. Nous allons nous départager ici pour la première place « officieuse » du championnat en catégorie Production. Ce ne sera pas facile, car il y a des clients sérieux, comme le Mercedes d'Yves Morize ou le Toyota d'Antoine Passemard. »

 

Original et efficace, le TOY TT du Team Tartarin Sport

 

Plus que jamais, le spectacle est alors sur la piste bien sûr, mais aussi, mais surtout, dans les 800 mètres de stands où les forçats-mécanos et les pilotes mettent en commun leurs mains dans le cambouis pour repartir, pour continuer… Pour être toujours en course au lever du jour et toujours là encore, à 16 heures, au baisser du drapeau. « Terminer les 24 Heures, c'est toujours une victoire en soi » vous diront dès l'arrivée franchie, tous ceux qui auront eu le bonheur de la franchir.

 


Des sourires généreux, des tapes dans le dos, des plaisanteries qui fusent : traditionnellement, la séance des vérifications administratives et techniques sonne l'heure de conviviales retrouvailles pour les équipages des 24 heures Tout - Terrain de France qui ponctuent en apothéose le Championnat de France d'endurance.

 

24 Heures Tout-Terrain de France 2007

Nos jouets se sont régalés. Depuis 2007, la course se déroule dans les deux sens. Cette année, le rythme de la course s'est encore accéléré. Les vainqueurs ont bouclé 155 tours contre 147 l'année dernière (et toujours 10 km par tour).
On note aussi une tendance plus que marquée pour les buggys, nos bons vieux 4x4 semblent appartenir à la catégorie "historique". Mais ils résistent et leur robustesse permet de se faire encore plaisir.

Petit clin d'oeil, en catégorie T2 (plus proche des véhicules d'origine) les trois premières places sont occupées par des ... Land Cruiser !

Récit d'un pilote qui malgré ses quelques printemps a renouvelé sa participation aux 24 heures. Et de la plus belle manière. Préparatifs de raid et récit d'ambiance.

 

Yves TARTARIN nous propose de courir en septembre 2007 au volant de son "PIRATE". En l'occurrence un TOY KDJ 90 dont le moteur ne demande qu'à être violenté.

 

Mais pour courir, il faut une "Licence Nationale Concurrent Conducteur Auto" de l'année. Pour obtenir une telle licence, il faut un certificat signé par un médecin du sport. Et lorsque ce dernier, en 2006, voit arriver un vieillard d'un quintal, il ne cache pas son scepticisme lorsque je lui précise les raisons de ma visite...

 

Fin juin 2007, j'ouvre le site de Papa DRONNE www.24heures4x4.fr, et je note, sans surprise, que la course aura lieu 3 mois plus tard. J'ai donc tout mon temps...

 

Le jeudi 13 septembre, je vais voir mon chiropracteur préféré afin de me stabiliser la carcasse sur le bon axe. Puis je sors mon Toy HZJ 75 que j'équipe d'un lit avec oreiller et d'un frigo convenablement garni.

Le vendredi 14 septembre, avec 3 ou 4 heures d'avance, je pénètre dans l'enceinte de Chevannes et  je me gare un peu à l'écart du stand TTS, afin de ne pas gêner l'équipe, et aussi pour conserver mon autonomie et m'écarter des bruits de moteurs de toutes sortes.
L'espace TTS est sublime avec ses 3 emplacements pour 2 véhicules, le TATRA qui m'a toujours impressionné, les Toy 90 numéro 50 et Mégane numéro 100, toutes deux d'un jaune flashant, les guitounes déjà aux mains du traiteur et, oh miracle, un WC grand confort, qui m'évitera de squatter celui des autres ou de polluer le décor.

 

L'accueil d'Yves et Valérie est, comme d'habitude, emprunt d'amitié, de sollicitude et de bienveillance.

Bien entendu, les conditions climatiques ont été exécrables en juillet et août et malheureusement elles sont bonnes début septembre. La conduite sur la boue est plus amusante que sur la terre battue et les buggys sont les rois sur le sol dur.

 

Notre Toy T2, lourd, court et haut, au pont avant flexible, ne sera pas à la fête sur piste sèche donc dure et cabossée, et par conséquent cassante.

 

Au retour, les stands sont de plus en plus occupés, les véhicules commencent à donner de la voix, une foultitude s'active dans la bonne humeur, les informations commencent à circuler, l'ambiance monte et s'amplifie. Les pilotes Eric, Jérôme et Bertrand sont arrivés, l'organisation du team s'active, tout prend sa place.

Drivés par Valérie, nous nous rendons au secrétariat des courses pour les inscriptions, nous discutons et blaguons avec tout le monde et je ressors de l'Algeco avec un bracelet vert au poignet sans avoir montré toute la paperasserie que j'avais consciencieusement préparée. C'est tellement rapide que j'en profite pour discuter avec tout le monde et spécialement avec une équipe particulièrement sympathique originaire de Cassis, qui va courir au volant d'une 2 cv, qui n'a plus grand-chose de Citroën, à double moteur de 650 cm3 environ, extraordinairement bien préparée. Courageux les frères MARQUES.

 

La course, comme si vous y étiez

 

Le samedi 15 septembre est le jour des tours de repérages, chronos et départ de la course.

 

Valérie, Grand Chef de l'équipe, décide qu'Eric réalisera le chrono et effectuera le départ, je prendrai le premier relais, suivi de Bertrand et de Jérôme, et rebelote toutes les deux heures.

Je fais un rapide calcul dont il ressort que c'est a priori Bertrand qui se tapera le second départ à l'envers. Cela me convient parfaitement car, les départs c'est la foire d'empoigne entre fous furieux dont le jeu consiste à gagner des places en se faufilant au centre, de telle sorte qu'il y a quatre files de voitures qui veulent absolument passer devant les autres dans le premier virage qui ne comporte que deux files : un excellent exercice pour profiler et raccourcir son véhicule.

J'effectue mon tour de reconnaissance le plus lentement réalisable afin d'en profiter le plus longtemps possible et aussi pour mémoriser le profil de la piste et les pièges à c...

 

Il y a lieu également de se souvenir des conseils et instructions d'Yves : Gagner n'est pas à notre portée, la course dure 24 heures et en conséquence il faut rouler et plus précisément enrouler pour économiser la mécanique, considérant que celui qui casse paye et que les copains ont aussi envie de conduire leurs 6 heures. Je pars toujours avec de très bonnes intentions ; mais plus ça va moins ça va et mon mauvais fond reprend vite le dessus. J'ai beaucoup de mal à refréner mes tendances naturelles et à ne pas mettre en œuvre ma devise "pour un œil les deux yeux, pour une dent toute la gueule".

 

Déjeuner léger arrosé d'eau ; ce n'est pas bon, mais c'est plus prudent.
Et c'est le départ effectué par Eric. Nous écoutons ses commentaires à la radio mais, comme c'est un super calme, nous avons l'impression que tout se passe aimablement comme d'habitude le plus sereinement de la terre.


Je m'équipe donc.

 

À 17 heures pile, Eric s'arrête devant le stand et me laisse le volant après m'avoir expliqué l'état de la piste et les pièges.

 

Une fois sanglé, essai de la radio, contrôle des paramètres, je passe la première, franchis les tranchées, je m'arrête devant le contrôle de sortie, je montre mon bracelet vert, j'embraye en faisant semblant de remonter ma vitre gauche, en réalité je descends celle de droite pour aérer le véhicule surchauffé, je prends la piste d'accélération, passe la seconde, rentre sur la piste à fond de seconde puis troisième et, je me fais doubler par les cinq fous furieux en buggys qui sont les cinq premiers. Ils se tirent une bourre pas possible. Je regarde dans les rétros, personne derrière, je regarde devant, plus personne, les cinq dangers publics sont déjà partis. Là, je me pose une seule question : qu'est ce que je fous là ? je suis à fond et ces cinq ahuris m'ont laissé sur place avec une sensation d'incapacité, d'impuissance, d'inaptitude ou pourquoi pas de consomption.

 

Rapidement, le moral remonte. Il reste plus de 20 heures de course et bien des évènements se produiront.

Les techniques diffèrent : je suis parfois doublé par des véhicules qui foncent à travers l'ouverture en faisant fi de l'état de la piste ou des reliefs parasites qui l'occupent et qui rattrapent et contrôlent leurs machines plutôt bien. Ma façon de faire consiste à me rapprocher du véhicule plus lent qui me précède et de le dépasser lorsque l'opportunité se présente. On fait comme on peut !

 

Dans la bonne humeur, merci les copains, j'apprends que la pédale d'accélérateur est complètement enfoncée et que j'en suis l'auteur. Un mécano m'annonce que pour l'année prochaine, sur ma voiture, il remplacera la pédale d'accélérateur par un bouton basculeur de type ON/OFF, car de toute façon les accélérations intermédiaires ne me servent à rien. Ma réputation de "gaz-gaz" me rattrape.

 

Lors de mon troisième relais, j'attends, pour partir, que les mécanos refassent le plein de la boîte de vitesse pour une raison qui m'échappe. L'opération est exagérément longue pour une simple mise à niveau. Le mécano en chef m'informe enfin que tout va parfaitement bien dans le meilleur des mondes et complète (je retranscris en français compréhensible) : "nous avons également fait tomber par inadvertance un boulon dans la boîte. Soit le boulon va se coller sur l'aimant chargé de bloquer la limaille, soit il passe dans les dents des pignons et dans ce cas tu t'en apercevras forcément ! GO ". Je pars, et je cogite : si ce foutu boulon est avalé par les dents des pignons, ça va faire désordre et j'ai intérêt à débrayer "fissah." Le boulon est resté tranquillement dans son coin sans nous enquiquiner...

 

La carrosserie a souffert, à l'avant gauche et droit par suite de petits flirts, avec Eric et Bertrand au volant, et à l'arrière gauche par ma faute. Je m'explique : dans un virage large sur la droite suivi d'une épingle à cheveux 180° droite, alors que je manoeuvrais pour doubler rapidement un véhicule bien rangé sur sa droite, je vois un commissaire de piste, auparavant caché par le véhicule que je désirais dépasser, agitant avec frénésie un drapeau jaune, je relâche l'accélérateur suivi d'un freinage pour ne pas doubler le concurrent devant le commissaire de piste qui pourrait mal le prendre, et je me fais percuter à l'arrière gauche par un ahuri qui n'avait pas vu le commissaire de piste, caché par mon véhicule. Sous le fait de la poussette, je double le concurrent lent, négocie plutôt mal que bien le virage en épingle à cheveux droite gêné par un autre véhicule sur le toit en plein milieu de l'épingle et j'accélère pour jouer un tour de c … à l'enfoiré de service. J'attends l'impétrant, qui me remonte, à l'entrée d'une épingle à 180° droite, je mets la voiture en travers droite à l'entrée du virage, je contrebraque gauche en sortie du virage et j'accélère à fond en première. La boue fouette notamment le rétroviseur droit avec violence, et retombe en lourds paquets sur mon poursuivant qui en prend notamment plein le pare-brise. Je ne l'ai plus revu.

 

Dans le dernier tour de mon troisième tiers temps de 2 heures, à 300 mètres de la sortie de la piste vers les stands, le moteur se met brutalement en rideau. Cela ne ressemble pas à une panne de fioul, car trop brutale, mais je pense néanmoins à une panne de jauge ayant entendu les mécanos dire que ce véhicule ne consomme rien. Par conséquent, je tente le coup du transfert du réservoir supplémentaire vers le principal en mettant en route la pompe FACET et le moteur redémarre, après avoir attendu 15 secondes pour lancer le moteur, afin de ne pas cuire le turbo. Bien entendu, le moteur recale brutalement. Sur les conseils d'Yves par radio, je me fais remorquer jusqu'aux pompes où j'apprends qu'il me reste 70 litres. Un mécano du team, en écoutant mes explications embrouillées, décèle une panne d'alimentation électrique a priori entre la batterie et le coupe-circuit. Il a raison et la panne est réparée en quelques secondes.

 

La victoire d'une équipe. Il m'est difficile de parler de mes coéquipiers. Encore plus difficile de parler de Jérôme qui assurait un relais intermédiaire, qui ne me précédait pas et qui ne me suivait pas non plus. En conséquence, il dormait quant je conduisais et je dormais quand il courait. En pratique, je l'ai à peine vu. Par contre, Eric, qui me précédait, est un charmant garçon que j'avais eu l'occasion d'apprécier l'année dernière, d'un calme olympien, de bon conseil, une épouse charmante et des enfants parfaitement bien élevés et qui est assez sympa pour assurer les bouteilles de champagne à boire en fin de course. Un bon gars que j'ai plaisir à revoir. Le conducteur qui me suivait, Bertrand, est tout à fait exceptionnel. Une force de la nature sur le plan psychique et physique. Infatigable, sympathique comme tout, dur comme le nickel avec ou sans chrome, et qui réalisait les meilleurs chronos de l'équipe. Visiblement, l'ami Bertrand a durement vécu, certainement souffert, mais surmontera, j'en suis certain, toutes les difficultés qu'il rencontre. Cette course a été pour lui une joie, un remède, une allégresse qui faisait plaisir à voir. Bonnes voiles Bertrand.

 

La concentration. Ce terme est aussi vilipendé que le stress chez les fonctionnaires. Et pourtant, deux heures de conduite avec concentration extrême passent à une vitesse étonnante, suivies, en ce qui me concerne, par une fatigue importante difficile à récupérer à mon âge.

 

La concentration totale est indispensable. À défaut, la sanction tombe immédiatement. Le meilleur exemple est fourni par l'équipe voisine de la nôtre. Ils disposaient d'un véhicule à la silhouette presque grossière mais certainement pragmatique, car l'ensemble parfaitement étudié et réalisé, destiné à courir le Dakar et testé aux 24 heures TT de France, fonctionnait à merveille. Le pilote du moment de ce véhicule, passant devant les stands, fait un "coucou bonjour les amis", relâche son attention et probablement son volant, est déstabilisé par un effet parasite de la piste, touche vraisemblablement le rail de sécurité et part en tonneaux violents : j'estime le coût de la plaisanterie à 150.000 à 200.000 € minimum à la poubelle. Ce qui est certain, c'est que ça s'engueulait ferme à côté. Le véhicule "destroy" faisait peine à voir.`

 

Merci Valérie et Yves et merci à l'Organisation 24 heures TT de France, bien structurée et bon enfant.

 

24 Heures Tout-Terrain de France 2006

La course automobile, un vieux démon

 

"À 18 ans et un jour, je passais mon permis de conduire et dans l'année, j'enroulais la Dauphine maternelle autour d'un arbre, j'envoyais ma Dauphine 1093 à la casse suite à une poussette par une Fiat 1100 dans le Ventoux sans oublier de défoncer le portrait du conducteur, et j'explosais le carter moteur de la Dauphine Gordini paternelle en reliant non-stop Madrid à Paris, afin de voir ma belle qui devint quelques années plus tard ma tendre et patiente épouse.

 

En représailles, mon permis de conduire fut transféré dans la poche de mon géniteur avec la promesse qu'en cas d'incartade, ledit permis serait transformé en micro confettis… Il faut reconnaître qu'il connaissait parfaitement son sujet, ayant été essayeur puis pilote chez DELAGE, DELAHAYE et BUGATTI avant guerre et ayant assuré la responsabilité d'une écurie de course, l'AGACI, après guerre.
Sympa, mon Papa me restitua mon permis de conduire 8 mois plus tard en même temps qu'il me donnait une Fiat 500, dont le moteur fut assez rapidement transformé Abarth …

 

Un petit demi-siècle plus tard, sur le bac à sable Mauritanien, très précisément au milieu de nulle part, lors de cet instant privilégié qui suit l'arrêt des moteurs après une belle journée passée à franchir et contourner des dunes de sable ou tas de cailloux, confortablement assis sur nos fauteuils pliants devant une table branlante surmontée de bouteilles d'eau fraîche et de Pastis, mon ami Yves TARTARIN me proposait de courir les 24 heures TT de France 2006 au volant d'un TOY KZJ 73...

 

Six mois plus tard, je prenais le volant de ce véhicule pour 6 heures sur la piste de Chevannes en compagnie de Cédric, Eric et Pierre-Louis.

 

Je me suis fait un colossal plaisir.

 

Visiblement, mes 3 compères également. Seul le Toy a souffert, ne pouvant pas repartir à l'issue des 24 heures, transmission soudée et destroy.

 

La bonne blague : À la fin de ma conduite, Eric me dit d'aller me changer, pour ne pas attraper froid, car je dégoulinais de transpiration. Je pars vers mon Toy 75, garé à l'écart près d'un buisson, où un malotru était entrain de vidanger sa vessie. En m'approchant, j'entends le compresseur du 75 se mettre bruyamment mais opportunément en route, et je vois le grossier personnage sursauter, s'agiter, se contorsionner pour finalement s'éloigner indignement, jambe gauche raide et tenant son pantalon par la couture intérieure avec la main droite de façon ni digne, ni respectable.

 

J'adore mon Toy 75 qui n'en loupe pas une. Je regrette que lorsqu'il rit cela ne se voit pas. Bicoze, il riait et cela s'entendait, car le compresseur hoquetait, alors qu'habituellement il ne se déclenche qu'exceptionnellement, PARIS 4x4 ayant réussi une étanchéité de l'installation quasi parfaite." FMA

 

Ambiance sur les 24H de France TT 2006

Se souvenir de la course mais aussi de l'ambiance des stands, de l'engagement de notre équipe, des mécanos couchés dans la boue, en pleine nuit, sous les véhicules.

Se souvenir du mécano qui démonte la batterie de son propre véhicule pour dépanner le système électrique du stand.

Se souvenir des autos propres avant la course... pas pour longtemps.

Se souvenir de notre "Monsieur chrono" qui pointe 24 heures non-stop les temps de passage. De ceux qui dorment dans ce bruit infernal assis sur une chaise branlante le menton sur la poitrine, ou d'autres qui dorment dans une tente sur le toit d'un monstrueux TATRA. Et ceux qui ont choisi une tente 2 secondes jetée sur le sol juste à côté de la route où passent les voitures d'assistance.

Se souvenir des véhicules de course qui sont profilés ou raccourcis, ou encore des voitures chahutées de droite et de gauche au bout de la chaîne des grues dépanneuses.

 

Photo d'un mécano, qui après une nuit blanche, répare une petite moto pour que les enfants s'amusent.

 

Le tout dans la bonne humeur. Respect.

 

Les 24 heures, une course unique

 

Nous sommes dimanche soir, le 17 septembre 2006. Je viens de terminer mes premières « 24 Heures », je n'arrive pas à dormir malgré la fatigue évidente. Je suis heureux, nous venons de terminer cette course unique.

De nombreux pilotes en rêvent, j'ai compris pourquoi.

Je suis comme un gamin, encore excité et toujours un peu concentré. Bref, je suis encore dans la voiture. J'ai le bruit des moteurs omniprésent à l'esprit. Les bolides tournent dans ma tête, ils passent et repassent.

La piste défile sous mon baquet et au travers les filets latéraux de sécurité. De temps en temps, un bruit se fait plus strident et plus puissant, c'est un buggy. Puis un autre bruit arrive de loin, rauque et dantesque, c'est un Protruck !

 

Longtemps je me souviendrai cette course folle contre le temps. Une compétition où l'on peut apprendre et se faire plaisir. Ce projet me trottait dans la tête depuis quelques années. Voir ses copains s'amuser tout un week-end suscite forcément l'envie.

La balade vous tente, alors n'hésitez pas à passer de l'autre côté du paddock et aller, jouer dans la boue... vous ne le regrettez pas.

 

Mon premier tour de piste fût mémorable.

 

Mais où suis-je ? La piste est défoncée, on dirait un champ de boue rempli d'ornières et de trous tous plus gros les uns que les autres. Il y a des bolides qui semblent arriver de partout, à quelle vitesse faut il rouler ? Je trouve la direction de la voiture très aléatoire et le freinage plutôt relatif, c'est normal ? Le confort est plus que spartiate, je suis dans un shaker. Les moteurs hurlent, il va falloir conduire des heures dans ce bruit infernal.

 

Comment surveiller les cadrans, ça bouge dans tous les sens. J'ai chaud, je transpire déjà au bout de cinq minutes. Plusieurs odeurs se mélangent : essence, huile moteur et terre mouillée. Des paquets de boue volent dans tous les sens. Le pare-brise est déjà recouvert de "bougnasse", cela promet.

 

"Engagez-vous qu'il disait... et dire que ma femme pense que je m'amuse !"

 

Je ne suis pas très à l'aise, j'ai hâte que cela aille mieux. La radio est muette, que se passe t-il ? Les voitures se frôlent et se doublent sans cesse. Je suis en train de découvrir cette course de l'intérieur et c'est une vraie prise de conscience. Les 24 Heures, c'est du sérieux. On ne rigole plus car qu'il va falloir se battre contre soi-même et les autres concurrents. Le niveau de certains pilotes m'impressionne.

 

Je suis seul dans le grand bain... quelle pression. Je m'efforce de rentrer dans le rythme, cela roule déjà très vite. Je suis concentré au maximum pour éviter de partir à la faute. Le tour ne semble pas se finir, je ne comprends plus rien ! J'ai les yeux grands ouverts, cette course est un truc de fous. Enfin les stands sont en vue, ils défilent sur ma gauche à vitesse grand V. Quel peuple, ça grouille de partout. Je pense reconnaître « la maison ». Je n'ose pas tourner la tête. Je fais un petit geste au travers le filet de sécurité et je suis déjà loin, m'ont-ils vu ? Je n'en sais rien.

 

Nous avions bien été "briefé". « Attention, certains concurrents jouent la gagne, ils vont imposer un rythme élevé dès le départ ». Rouler trop vite est un piège qui mène à la faute ou à la casse mécanique. Alors on se rassure en restant dans le flot général, juste histoire de prendre ses marques et de mémoriser chaque détail de la piste. Un concurrent fait un saut à 10 mètres devant mon capot, jolis dessous ! Mais au fait c'est un indice intéressant, faut il passer à gauche, à droite… pas le temps de réfléchir.

 

Quoi, un « malade » veut absolument passer en même temps, c'est de la folie. Il passera dans un bruit assourdissant. « Faire gaffe » en permanence et éviter les touchettes.

 

Prudence, constance et régularité doivent être nos maîtres mots. Pourtant l'envie d'attaquer me gagne déjà, je prends vite confiance. La prise en main du Toy est facile. Je commence à doubler des concurrents. Le KZ aurait-il la puissance nécessaire pour aller taquiner les meilleurs, certainement pas. Je sais qu'il n'est pas question de pouvoir rivaliser, l'écart est trop important. Penser aux copains qui ont fait les relais précédents, ne pas anéantir leurs efforts par excès d'orgueil ou de testostérone. Penser au collègue qui va ensuite prendre le volant… Se dire que la course est encore très longue.

 

La réalité du terrain me rappelle à l'ordre. La vue d'un 4x4 posé sur un talus me fait dire que cela doit partir plus vite que prévu et qu'il ne faut pas trop jouer les malins » Plus loin, un trou mal négocié me secoue comme si j'étais un pantin en chiffon. Je suis assommé. Immédiatement je me dis « quel c.., j'ai du tout casser ». Heureusement, je n'ai pas touché.


Comment une voiture peut-elle encaisser de tels chocs ? Je ne dois pas relâcher l'attention.

 

4x4 et buggys ne jouent pas dans le même cours, mais le talent des pilotes peut faire la différence. Photo desert-runner.com

 

Les tours s'enchaînent mais ne se ressemblent jamais. Il faut tenir la cadence, on est pris dans le rythme infernal de la course. Ne pas oublier de surveiller le niveau d'essence et d'éteindre la pompe du réservoir supplémentaire. Jeter un coup d'œil sur les cadrans, se souvenir du rôle de chacun des boutons ou réaliser qu'un commissaire vient d'agiter un drapeau…

 

Pas question de se reposer, attaquer modérément et « éviter la correctionnelle ». Soulager l'embrayage, les suspensions… Ne pas trop solliciter ni les freins ni le moteur… Un confort tout relatif m'envahit, je me sens bien… Je voudrais que cela dure des heures.

QUE DU BONHEUR. Je suis aux 24 Heures. La radio m'appelle, déjà deux heures que je tourne, il faut passer le volant. Vivement le prochain quart !

 

L'arrêt au stand est finalement bien venu, cela fait du bien de relâcher l'attention. Le team nous chouchoute et la voiture est contrôlée méthodiquement. Rien ne semble improvisé, presque la routine pour cette équipe d'expérience. Les copains viennent aux nouvelles, me félicitent. C'est sympa de leur part. Nos yeux brillent, c'est beau l'esprit d'équipe. Le moteur tourne toujours, je sors du baquet un peu fourbi et tente de passer mes consignes au pilote suivant.

 

Je l'aide à se harnacher, il part dans la foulée.

 

Photo d'un retour au stand vers 3 heures du matin. La fatigue est bien là, changement de pilote

 

Attention aux trous, aux ornières et aux bords de pistes trop mous et piégeux à souhait. Les rétros jouent la chamade, pas facile de surveiller ses arrières.

La nuit ajoute une dose de difficulté à cette ballade de santé, on ne voit pas grand-chose. J'ajoute même, on ne voit strictement rien ! Je pensais avoir mémorisé la piste, j'ai l'impression de la redécouvrir et de la subir.
Le Toy semble mieux la connaître que moi, c'est un comble.

 

Les virages en épingle se négocient dans le noir complet et on serre les fesses pour ne pas tomber dans un trou. Tantôt ébloui par des phares qui vous foncent dessus, suis-je dans le mauvais sens ? Il y a des feux surpuissants qui arrivent de partout, les voitures semblent tourner en rond et se croiser. Un balai inextricable de grosses lucioles.


Cinq minutes plus tard, c'est le contraire… plus un bruit, plus de phare. Quel calme après la tempête, suis-je encore sur la piste ? Le passage devant les stands est rassurant, j'ai du mal à reconnaître les copains mais l'enseigne du team brille dans la nuit noire. Tout va bien. Je roule encore et toujours, notre Toy est un bon outil.

 

Cela fait douze heures qu'il tourne sans broncher, il ne se repose jamais. Il devra avaler plus de mille bornes dans ces conditions.

 

Déjà le petit matin, les guerriers plus ou moins fatigués se réveillent. Pas une minute de répit, la course est loin d'être terminée.

 

Le ballet des dépanneuses et autres grues continue. Elles évacuent les autos blessées, quel carnage. La nuit laissera des traces, mais il y a des rescapés.  Et des bons.

 

Soudain un bruit sourd arrive dans mon casque Peltor, c'est un bruit de moteur. Sa sonorité me fait dire que cela doit être un gros moulin, gagné ! Un énorme pick-up fonce sur moi comme si j'étais à l'arrêt. Moi qui croyais avoir pris un bon rythme… Il est déjà collé derrière moi et commence à vouloir me doubler. Je sais qu'il n'est pas question de rivaliser et qu'il faut le laisser passer. Pourtant le KZ est plus agile dans les virages. Je veux tenir un peu… pour voir ! Un temps je résiste et je m'amuse. Trois ou quatre virages me permettent de voir le « gros truc » sa dandiner dans mes rétros. Il chasse de l'arrière train et occupe toute la piste. Je n'y crois pas ! Arrive une nouvelle ligne droite, le mastodonte se fâche et commence à me le faire savoir. Pleins phares, puis klaxon et trompe de brume, je me dis que le pachyderme pourrait m'envoyer en orbite.

 

Monsieur est pressé, il n'est pas là pour faire du tourisme et rouler à la queue leu leu. Réaliste, je cède sans trop me déporter, je ne veux pas m'embourber. Alors il accélère comme un furieux, ce bruit me fait frémir, c'est énorme. Il passe avec une déconcertante facilité, avale trous et bosses et continue à monter dans les tours.

 

Les suspensions du Protruck font un travail d'anthologie, ses débattements sont monstrueux. Il semble indestructible.

 

Merci pour la boue l'ami. Puis je me dis : « Dire que le pilote n'a pas de pare-brise… chapeau bas mec ! » Ultime cadeau de consolation, le suivre sur quelques centaines de mètres et se dire que l'on a joué avec un vrai pilote.

 

"Mon dernier passage se fera sans aucune difficulté, toujours autant de plaisir. Je suis surpris par les bouts d'épaves qui jonchent la piste : ressorts, roues, arbres de transmissions, morceaux de carrosseries et pièces mécaniques diverses et variées…

La piste en a fatigué plus d'un !

 

Minute après minute, le compteur tourne, notre course se termine. Soulagement et frustration se mêlent. C'est déjà fini, mais quelle expérience. Cette course est unique en son genre.

 

A refaire au plus vite

Je tiens à remercier mes amis, collègues et pilotes : Eric, Cédric et Frédéric.

 

Bravo et merci à toute l'équipe du Team Tartarin Sport pour leur professionnalisme, leur disponibilité et leur gentillesse"

 

Histoire des rallyes-raids

 

"En découvrant l'Afrique des rallyes-raids, j'ai découvert le désert.

Si beau, si grand, si pur qu'on ne peut le contempler qu'avec respect. Dans cette immensité de sable, où la terre rejoint le ciel, tous les hommes redeviennent égaux, éprouvent les mêmes craintes à l'aborder, les mêmes joies à le conquérir. Quand, dans la chaleur d'un bivouac, on partage le même repas, sous les constellations d'étoiles, des mots comme humilité, simplicité ou convivialité prennent toute leur signification..."

 

Ari Vatanen, le 16 octobre 1988.

 

Bertrand, hommage au père des rallyes-raids

 

Jean-Claude Bertrand fut le premier... Son Histoire est liée à sa course, l'Abidjan-Nice appelée aussi rallye Côte d'Ivoire-Côte d'Azur (le fameux rallye Côte-Côte).

 

Grand amateur de courses automobiles, JC Bertrand est en effet le premier à sentir le potentiel d'attraction des étendues d'Afrique sur nos peuplades européennes grisées.

 

En 1969, déjà, il avait mis sur pied le Rallye de Côte d'Ivoire, connu sous le nom de Bandama. Clairement, il s'agissait de faire mieux que l'East African Rally, réputait comme le plus difficile. JC Bertrand voulut faire plus fort et il y arriva jusqu'à l'extrême. En 1972, aucun concurrent ne franchit l'arrivée du Bandama qui fut baptisé "le rallye de l'impossible".

Un beau jour de 1974, sur les pistes algériennes, JC Bertrand rallait Monte Carlo pour prendre le départ du fameux rallye. Résidant à Abidjan, il était parvenu à faire de la capitale Ivoirienne une ville-départ du fameux Monte Carlo. Seize voitures avaient quittés la lagune pour rejoindre la principauté par le désert et l'Espagne. A leur arrivée au pied du grand rocher, cruelle désillusion pour JC Bertrand et ses amis : le choc pétrolier venait de terrasser sa Majesté des rallyes...

 

A son retour à Abidjan, JC Bertrand est perplexe. Les idées se bousculent dans son esprit. Voitures. Désert. Rallye. Le puzzle se met doucement en place, et il décide de mettre sur pied une formidable course ralliant l'Europe à l'Afrique.


Le cadre était trouvé, il fallait trouver le concept. Les voitures de rallye de l'époque n'étaient pas assez affûtées pour répondre aux rêves de grandeur de JC Bertrand. Il créa alors une épreuve, réunissant voitures traditionnelles, 4X4, motos et camions : ainsi est né le rallye Côte d'Ivoire-Côte d'Azur, aussi resté dans la légende comme l'Abidjan-Nice.

 

JC Bertrand nous a quitté en octobre 2005. il avait 69 ans. Ironie du sort, l'année de sa mort, il s'apprêtait à débuter les reconnaissances de "l'Abidjan-Nice historique" qu'il souhaitait organiser pour 2006/2007.

Un sacré mec.

 

Histoire du Côte-Côte, le tout premier ralle-raid africain

 

Photo d'un HJ60 d'époque.

 

La première édition de l'Abidjan-Nice eu lieu du 25 décembre 1975 au 11 janvier 1976 et vit la victoire du Range Rover de Privé-Blain.

 

Ce premier Côte-Côte enfantera dans la douleur puisque deux concurrents motos se tueront. Et déjà la polémique est lancée : à quoi cela sert-il d'emmener des véhicules dans des endroits aussi inhospitaliers ? Malgré tout, et grâce à l'accueil enthousiaste réservée par les concurrents, JC Bertrand remet ça l'année suivante.

En 1977, pour la seconde édition, le Ténéré fut parcouru et un motard barbu au guidon de sa Honda s'y perdit pendant 3 jours… Il s'appelait Thierry Sabine.

 

Souvenirs. JC Bertrand ne le sait pas encore, mais ce jeune homme de bonne famille va lui causer bien des soucis. L'un des grands moments de l'épreuve doit être la traversée du désert du Ténéré au Niger "le désert des déserts", ainsi que le surnomment les touaregs qui y vivent.

 

C'est dans cette immensité de sable que Sabine s'égare, et manque de mourir de soif et d'épuisement.

 

Les heures passent, et JC Bertrand met tous les moyens dont il dispose pour retrouver le concurrent égaré. Il mettra un point d'honneur à quadriller tout le secteur pour chercher et ramener vivant celui qui deviendra son grand rival. JC Bertrand retrouvera T Sabine et lui dira "Tout ce que tu vas vivre à partir de maintenant, c'est du rab !"

 

Histoire de la 5/5 Transafrica

 

Photo de James JAULIN au volant de son FJ40


Nous sommes le 23 décembre 1979 à Aix en Provence. Pour conserver son avance sur Thierry Sabine, Jean-Claude Bertrand veut faire plus grand. Il décide alors de se lancer dans un projet encore plus fou qui ne devrait pas manquer, selon lui, d'étouffer le Dakar.

Voulant aller au bout de sa logique, il créa une course légendaire. Ce sera le 5/5.

 

Un rallye qui se déroulera sur 5 continents, un par année. Mais un tel projet, beaucoup trop long et trop lourd, ne pouvait tenir la distance dans l'espace et dans le temps. Mais JC Bertrand avait l'obstination d'un buffle africain et c'est en Afrique, en passant par l'Algérie et le Ténéré, que se déroula le premier volet du 5/5. De part sa connaissance du terrain et des contacts qu'il avait dans ces pays, l'Afrique était le zone de prédilection de JC Bertrand. Pour la suite, lorsqu'il faudrait s'attaquer à l'Asie, aux Amériques et à l'Océanie, on verrait bien. JC Bertrand n'écrira qu'un seul chapitre de ce rallye mégalo.

Avec difficulté, mais toujours grâce à à la chance qui ne manque pas de sourire aux audacieux. D'abord avec l'arrivée du Team Fougerousse qui, fâché avec Sabine, lui apportera une participation de treize voitures. Ensuite, par le renfort du Team Aseptogyl (le dentifrice) qui lui fournit le pilote dont les trois Iveco seront conduits par des femmes, les fameuses « Panthères roses ». Du coup, la participation fait boule de neige et JC Bertrand peut ainsi présenter une participation plus que décente qui lui permet ainsi de sauver la face par rapport au Dakar de Sabine. L'honneur est sauf pour les deux épreuves qui se déroulent quasi en même temps, mais les retombées seront décevantes pour JC Bertrand ; les média ayant déjà choisi leur camp.

 

J'ai récemment fait la rencontre de James Jaulin, très bon pilote et fort sympathique raider. Il m'a parlé de ce rallye d'exception, il y était... Merci James pour tes archives.

 

James termina héroïquement ce rallye en 6ème place (sur 138 concurrents) au volant d'un FJ40.  Photo ci dessus

...Pour ce qui paraissait déjà comme un baroud d'honneur, Bertrand n'avait pas mégoté. Son premier 5/5 passait par l'Algérie, le Mali, le Niger, la Libye, la Tunisie et l'Italie. Un parcours éprouvant de 12.000 km, dont plus de la moitié à faire dans le désert. Seul 52 concurrents ont terminé le rallye.

 

De ce 5/5, James Jaulin en garde un souvenir mémorable. Il nous raconte

 

« On quittait l'Europe et c'était l'aventure... Il ne fallait compter que sur soi-même, pour réparer comme pour la bouffe, et cela créait un formidable sentiment d'entraide et de liberté. L'aventure commençait dès qu'on avait quitté la maison, le 4x4 était chargé comme un mule car il fallait complètement être autonome en pièces comme en vivres. A tel point que c'est ainsi qu'on a fait le prologue, sans même réaliser qu'on aurait pu décharger pour alléger la voiture !...  Après, c'étaient les grands espaces, les horizons lointains, les dunes. C'était une course qui faisait peur. Peur du terrain, peur de casser, peur de ne pas tenir. Mais une peur qui transcendait et qui donnait un énorme sentiment de vivre et d'exister. Et puis il y avait des moments plein de magie, comme ces départs en ligne dans le désert ou cette tempête de sable, très éprouvante, où JC Bertrand a tiré le convoi au travers de la nuit jusqu'à que l'on rejoigne enfin l'arbre du Ténéré. C'était des moments forts comme je n'en ai pas retrouvé ensuite sur les Dakar. JC Bertrand, c'était vraiment une légende, l'esprit de l'aventure.. »

 

Décembre 1978. Sur la place du Trocadéro, une centaine de véhicules sont offerts à la curiosité des Parisiens frigorifiés. Ce sont les participants du premier Paris-Dakar. D'illustres inconnus, Fenouil, Cyril Neveu, Hubert Auriol ont répondu à l'appel du grand large, et sont prêts à braver tous les dangers pour assouvir leur soif d'aventure.

 

Ces pionniers casqués, bottés ont déjà goûté aux raids en Afrique, seuls ou avec JC Bertrand, et l'idée de Sabine les a enchantés. Les voilà partis sur des engins hétéroclites, pas toujours adaptés aux terrains qu'ils vont rencontrer.

 

A leur retour en France, ils seront les meilleurs ambassadeurs de l'aventure qu'ils viennent de vivre. Oubliant leurs mésaventures, la faim qui les a souvent tenaillée, les problèmes d'intendance dus à l'inexpérience de l'organisateur, ils reviendront des étoiles plein les yeux. Pour ceux qui sont restés, la tentation est forte d'aller rejoindre les bivouacs du bout du monde, si bien racontés par Max Meynier, sur les ondes de RTL.

Le rêve est en marche, le Dakar avec lui, qui dès sa deuxième édition, suscite un gros engouement. Des équipes officielles engagent des véhicules, attirées par la nouveauté et la particularité de l'épreuve. La mode des rallyes-raids est lancée, elle va connaître un retentissement imprévu insoupçonnable quelques années auparavant, aussi bien des pouvoirs sportifs que du public.

Photo du FJ73, vainqueur en 1987 et 1988 des rallyes Dakar, Atlas et Pharaons

 

Avec Thierry Sabine, l'histoire de rallyes-raids sautera de chapitre. De l'esprit de Sabine vont naître des projets fous. Homme de médias, professionnel de la communication, il se prend à rêver à une grande épreuve de sports mécaniques, le Paris-Alger-Dakar. Un "remake" de la Croisière Jaune, chronomètre en plus.

 

 

Il me fait rêver tous les mois de janvier

 

Alors que tous les ados de mon âge faisaient la "grasse mat" le 1er janvier, moi je me précipitais sur les bords de la N7 pour voir passer les bolides du Dakar.

 

Plusieurs années plus tard, il me fait encore rêver. "Il" c'est Thierry Sabine, un aventurier des temps modernes (Photo A.S.O)

 

J'aurai tant aimé le connaître et l'écouter. Je tiens à rendre un hommage tout particulier à ce visionnaire qui est allé au bout de sa passion. Thierry Sabine voulait "donner du rêve et faire vibrer ceux qui partent, mais aussi faire rêver ceux qui restent."

 

Ils ont dit à propos du Dakar :

  • "Monter l'Evrest - traverser la Manche à la nage - ou faire le Dakar "
  • "La concrétisation d'un rêve d'enfant - la quête du Graal - voyager dans une autre dimension"
  • "Le plus dur sur un Dakar, ce n'est pas quand tu y es, mais lorsque tu ne peux pas y retourner" Hervé Leconte
  • "L'originalité du Dakar, c'est de permettre à des hommes ordinaires de vivre des choses extraordinaires." René Metge
  • "Au départ j'aimais la course, après j'ai aimé l'Afrique." Jean-Pierre Fontenay
  • "Grâce au Dakar, j'ai pu fouler réellement le sol de ce continent qui me passionnait." Gérard Holtz
  • "Certains ne sont jamais aussi forts et plus grands que dans les difficultés, le Dakar le démontre tellement bien." Etienne Smulevici

 

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